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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
des ponts, et sinon écrire, du moins tenir une comptabilité régulière aumoyen de cordelettes. Toutefois ils eurent un grand désavantage relati-vement aux populations de l’Ancien Monde : ils manquèrent d’animauxdont ils pussent associer les forces domestiquées à celle qu’ils avaient eux-mêmes. Le génie extraordinaire dont ils font preuve pour apprivoiser lesbêtes des champs leur donna des favoris, mais non des aides; commetels, ils n’eurent que le lama et le chien, alors que les indigènes desautres parties du monde possédaient le chameau, le cheval, l’àne, lebœuf, la chèvre et le mouton.
Quant aux populations dites sauvages,, qui peuplent les forêts ducentre et de l’est, elles ont aussi leur place dans l’histoire du progrèshumain, et plusieurs d’entre elles commencent à s’associer aux blancs enqualité d’égales. Mais la transition d’un état social à un autre ne peutse faire sans un trouble profond. Les peuples chasseurs qui ont réussià se tenir à l’écart des blancs et des métis, dans les forêts éloignéesdes voies de communication fluviale ou dans les vallons écartés desmontagnes, ont gardé la démarche aisée, la fierté du regard et la fran-chise du langage, tandis que les nations d’agriculteurs, asservies en mêmetemps que la terre, tremblent devant leurs maîtres, et courbent l’échine,baissant les yeux et mesurant anxieusement leurs paroles.
Les explorations des voyageurs et leurs études linguistiques ont permisde classer les Indiens d’une manière assez probable suivant leur parenté,mais le doute subsiste pour un certain nombre de tribus éloignées du grosde leur famille ethnique. Un des groupes les mieux caractérisés est celuides Muysca, — ou Chibeha d’après leur langue, — qui avaient autrefoisétabli leur domination sur le plateau de Cundinamarca et autour desquelssont éparses de nombreuses peuplades ayant une même origine. Au sud,les deux versants des Andes , de l’Ecuador et du Pérou appartenaient à lagrande nation des Quichua, auxquels succédaient, dans le territoire qui estdevenu la Bolivie , les Aymara, plus frustes de manières, mais non moinsinoffensifs. L’extrémité australe de la Cordillère et les territoires qui endépendent étaient le domaine des Araucans . Dans la partie orientale ducontinent où s’élèvent les massifs secondaires et où les fleuves et leseaux dormantes ont formé de vastes plaines, une famille, que l’on croyaitnaguère éteinte en la cherchant seulement dans les Antilles , celle desCaribes ou Caraïbes , est encore représentée par diverses peuplades jus-qu’au centre même du continent. Les Aravak ou Araouaques entremêlentleurs tribus à celles des Caribes dans le haut bassin de l’Amazone; mais,ayant eu à soutenir des conflits de race et de peuplades, ils ont eu le