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Livre XVIII. Les régions Andines.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

presque tous du Bengale , et dont le nombre varie de deux à trois millesuivant les années. Ils sengagent pour une durée de cinq ans et, aprèscelle période de labeur forcé, ont droit à se faire rapatrier. Sauf sept àhuit cents, ils restent et contribuent avec les nègres à augmenter la partde la petite propriété; il en est même qui, après retour dans la patrie,reviennent avec leur famille et des amis. Ainsi le voyageur qui retrouvesous les cocotiers de Trinidad les paysages de lInde en rencontre aussiles indigènes; des bambous, ornés de banderoles éclatantes, indiquent deloin les temples les lidèles viennent faire leurs offrandes de fleurs. Lescoulis, qui constituent maintenant le tiers de la population, se tiennentdordinaire à lécart, ne frayant ni avec les blancs, ni avec les noirs;cependant on voit déjà de fort beaux types dEurasiens, qui acquièrent unrôle de plus en plus important dans la société de Trinidad 1 . Les sivaïtes,qui constituent la majorité des Hindous, vivent en mauvaise intelligenceavec les mahométans, et de sanglants conilils ont eu lieu entre les adeptesdes deux religions. Presque toutes les économies des coulis sont em-ployées à lachat de bijoux pour leurs femmes, ce qui, en cas de divorce,donne lieu à des contestations et à des procès.

Dans son ouvrage sur les pays de lOrénoque , publié en 1727, le jésuiteGumilla raconte que les terres de la Trinidad étaient devenues à jamaisstériles depuis que les premiers colons avaient refusé de payer la dîme ;mais les cultivateurs de lile, blancs, noirs, jaunes, démontrent au con-traire combien fécondes sont les campagnes. Quoique la superficie dusol mise en culture natteigne guère quun huitième de lensemble, lecommerce extérieur de lilc, consistant principalement en exportationsde sucre, mélasses et cacao, dépasse depuis longtemps une centaine demillions par an, et le trafic intérieur pour les légumes, les fruits etles « vivres » saccroît encore plus rapidement. Les cafèteries ont étépresque toutes abandonnées et lon ne soccupe guère de la culture dutabac, quoique le « trinidad » ne soit guère inférieur au « havane ».Un des travaux les plus coûteux des plantations est darracher lberbc dePara, fourrage excellent, mais tellement vivace quil envahit les champsde canne et menace détouffer la plante. Presque toute lactivité agricoleet commerciale sest portée vers la côte occidentale, se trouvent lesdeux plus grandes villes de Trinidad, unies par une voie ferrée et par

1 F. IL Hart, Trinidad, Géographie , Histoire et Statistique.