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Livre II. La France.
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PYRÉNÉES ORIENTALES .

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ses contre-forts et ses chaînons avancés, tout l’espace compris entre la hautevallée du Tech et celle de la Têt; elle est complètement isolée de trois côtéset ne se relie, au sud-ouest, à la chaîne maîtresse que par des sommetsinférieurs en altitude. Ainsi que l’Etna , le Canigou est un de ces montsqui se dressent dans leur force comme les dominateurs de l’espace immense;d’en bas, sa pyramide grisâtre, rayée de ravins, d’éhoulis et d’arêtes ensaillie aux teintes diverses, n’est pas moins puissante d’aspect que celle duvolcan de Sicile . Longtemps on a cru que le Canigou était le plus hautsommet des Pyrénées, quoique le Nethou, le Posets, le mont Perdu , leYignemale et d’autres cimes de la chaîne le dépassent d’un demi-kilomètreen élévation ; on l’aperçoit de si loin, de France, d’Espagne, de la Méditer-ranée , qu’on ne pouvait lui croire aucun rival : quand le temps est favorable,on le voit de Barcelone, de Montpellier, d’Aigues-Mortes ; l’astronome de Zachdit même l’avoir nettement reconnu de Marseille , à 500 kilomètres de dis-tance, au moment où son cône se profilait en noir sur le disque du soleilcouchant. Fier, isolé, et dominant, comme il le fait, de si vastes horizons,le Canigou est une admirable station trigonométrique et géodésique ; sou-vent les physiciens y ont établi leur campement pour mesurer leurs trianglesou faire des éludes sur la physique du globe. Les pentes de la montagne,qui s’élèvent des plaines marines à la hauteur de près de trois kilomètres,c’est-à-dire d’une température méditerranéenne de 14 à 15 degrés à unclimat Scandinave de 1 degré au-dessous du point de glace, sont aussi dis-posées de la manière la plus favorable pour que les diverses flores s’ysuccèdent avec régularité, et nombre de botanistes, depuis MM. Massot etMartins, en ont profilé pour y faire leurs observations.

La chaîne pyrénéenne à laquelle se rattache le Canigou est l’une des plusâpres et des plus difficiles à franchir de tout le système : ses cols sont desimples échancrures, ouvertes à 2,500 mètres, entre des saillies à peine plushautes de 200 ou 500 mètres; aussi les monts de cette partie des Pyrénées n’ont-ils qu’une faible individualité pour ainsi dire, et le Puigmal lui-même, quoique le géant de cette fraction de la chaîne, apparaît comme unefaible pointe posée sur un long rempart, se prolongeant au sud-ouest, surle territoire espagnol . Mais une profonde dépression, fissure taillée par leseaux dans le granit, sépare le Puigmal et tous les monts ses voisins d’unautre groupe pyrénéen qui se dresse au nord. Cette dépression rectiligne,où coule d’un côté la Têt, de l’autre le Sègre , le grand torrent nourricierde l’Ebre, est le col de la Perche, dont Montlouis garde le versant français .Puycerda , perchée sur une butte d’origine glaciaire entre les deux Sègreset au-dessus de leur jonction, surveille le cours de ces rivières, toutes les