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Dans les environs de Montauban , les principales curiosités naturelles sont celles queprésentent les gorges de l'Aveyron, où pénètre le chemin de fer de Figeac . A l'entrée dupremier défilé, l’ancienne ville féodale de Montricoux élève encore son mur d’enceinteet son donjon qui défendaient le passage. Plus loin, le château pittoresque de Bruniquel ,dressé sur une roche à pic, au-dessus d'une grande usine métallurgique, domine le con-tinent de l'Aveyron et de la Yère ; dans les falaises calcaires s’ouvrent des antres etdes abris devenus fameux dans l'histoire de la science par les trouvailles les pluscurieuses de la période paléolithique. Penne, la station suivante, appartenant au départe-ment du Tarn, est comme Bruniquel à la base d’un rocher portant les ruines d’unesuperbe forteresse du moyen âge; puis, après être rentré dans le Tarn -ct-Garonnc, ensuivant les brusques tournants du défilé, on aperçoit, sur la rive droite de l’Aveyron , laville de Saint-Antonin, bien connue des antiquaires par ses maisons du treizième siècleet par son hôtel de ville du douzième siècle, aux piliers sculptés. Le bourg de Caylus,situé plus au nord entre deux causses arides où s’engouffrent les eaux, garde égalementdans ses vieilles maisons, son église, son château, quelque chose de sa physionomie dumoyen âge.
Les plateaux que limite au sud le cours de l’Aveyron , continué à l’ouest par celui duTarn , sont très-faiblement peuplés et n’ont point de villes curieuses qui retiennent levoyageur sur leurs pentes de roche ou d’argile. Seulement Caussade, au fond d’une valléeoù passe la route de Montauban à Cahors , a quelque mouvement commercial. L’activitéde la contrée a dû naturellement se concentrer aux abords de la grande plaine où se sontmêlées les alluvions de l’Aveyron, du Tarn et de la Garonne . Aussi est-ce non loin duconfluent des deux principales rivières, à la base de coteaux plantés en vignes et enarbres fruitiers, que s’est bâtie la ville de Moissac , devenue cliel-lieu d’arrondissementet l’un des marchés régulateurs des grains pour la France entière. Moissac possède undes monuments les plus curieux du Midi , un portail d’église qui est « un véritablemusée de sculptures romanes # d’une rare beauté d’exécution ; le cloître de l’ancienneabbaye, attenant à l’église, date, comme le célèbre portail, des premières années dudouzième siècle, et scs colonnettes, alternativement simples et géminées, séparant desarcades ogivales et portant des chapiteaux sculptés, ont gardé toute la régularité de leurordonnance. Les autres monuments de Moissac contrastent singulièrement avec ces restesdu moyen âge : ce sont les deux ponts qui traversent le Tarn , en amont de la ville, l’unen pierre, portant le canal latéral à la Garonne , l'autre en fer laminé, livrant passageaux trains de chemin de fer.
En aval de Moissac , le département n’a qu’un seul groupe d’habitations qui ait titreau rang de ville, la riche et industrieuse Yalence-d’Agen. On y montre encore la « Maisonde la Foi » où siégèrent les inquisiteurs pour condamner au feu quarante-trois hérétiques *.
Le département de Lot-et-Garonne , ainsi nommé des deux rivières qui viennent s’vréunir dans la plaine la plus féconde de la France, se divise comme le Tarn-et-Garonne en régions naturelles parfaitement distinctes par l’aspect et la composition du sol. Au
1 Communes les plus importantes de Tarn-et-Garonne en 1872:
Montauban . 25,(100 hab. I Caylus. 4,800 hab.
Moissac. 9,000 » Beaumont-de-Lomagne . 4,550 »
Valence
5,600 habitants.