MASSIF DU PELYOUX, MATIIEYS1NE, YERCORS. 195
faisaient, en effet, l'hommage d’une omelette au soleil vainqueur del’hiver 1 .
Autour de ee massif du Pclvoux, le plus fier des Alpes françaises, d’autresgroupes secondaires emplissent de leurs pyramides, de leurs dômes et deleurs contre-loris presque toute la partie du territoire français compriseentre le Rhône , l’Isère et la Durance. A première vue, cet ensemble de picset de crêtes, se dressant de tous côtés, paraît former un véritable chaos.Quand on se place au sommet d’une haute cime dominatrice de l’Oisans , onaperçoit, sur le pourtour entier de l’horizon, des séries d’aiguilles, depointes et de crêtes jetées au hasard et comme innombrables : on dirait lesvagues figées d’un immense océan. Sans l’aide de la carte, ce n’est qu’aprèsavoir longtemps parcouru cette région des Alpes que l’on pourrait com-prendre la disposition générale de leurs arêtes 8 .
A l’ouest d’un isthme étroit de roches granitiques rattachant le groupedu Pclvoux aux monts du Graisivaudan, un petit plateau percé de montscristallins s’avance en promontoire au sud de la plaine de Grenoble , entrele Drac et la Romanche, et porte dans ses cavités quelques lacs, morneset froids, qui ont remplacé les glaciers d’une époque antérieure : c’est leplateau de la Jlatheysine; de formidables gorges, où les chemins descen-dent en tournants rapides comme dans un gouffre, l’entourent de toutesparts. Plus loin, au delà du profond abîme où coule le Drac , les arêtes paral-lèles des « Quatre-Montagnes », séparées les unes des autres par des aflluentsde l’Isère , se développent dans le même sens que l’axe des Alpes Pcnnines,pour se continuer au nord par le massif de la Grande-Chartreuse, au sudpar les monts du Yercors, tous les deux de même composition géologique.
Les divers chaînons et les plateaux du Yercors occupent la partie orien-tale du grand labyrinthe de montagnes et de collines qui remplit le quadri-latère limité par le Rhône , l’Isère , le Drac et la Drôme . Les paysages vrai-ment alpestres sont assez rares au milieu des âpres rochers du Vereors, deleurs éboulis bariolés de gris et de jaune par un tapis de lichens; la princi-pale beauté de cette contrée sauvage, jadis presque inaccessible, vient du con-traste des vallées ouvertes et des noirs défilés que les torrents ont creusésdans la roche calcaire et d’où ils s’échappent en pittoresques cascades : oncite surtout les gorges d’Omblèze, que parcourt un ruisseau tributaire de la
Jouglard, Annuaire du club alpin-français, 1875, p. 155.
1 Ladoucette, Hautes-Alpes , l!01. —
4 Altitudes de l’Oisans :
Barre des Écrins.4,105 mètres.
Aiguille de Medje. 5,986 »
Grand Pelvoux. 5,954 »
Col du Mont-de-Luns.1,615 #
Aiguille d’Olan. 5,885 mètres.
Col du Lautaret. 2,070 »
Le Bérarde (hameau). 1,758 >>
Bourg d’Oisans. 719 »