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Livre II. La France.
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200 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

dure qu’à cette époque la Méditerranée était une continuation de la merdes Indes l .

L’œuvre du reboisement, si nécessaire dans certaines parties de la France ,se poursuit avec beaucoup de zèle dans la région du Yentoux et du Léberon,grâce à une découverte agricole importante. Déjà vers le commencementdu siècle, un pauvre « rabassier » ou chercheur de truffes, Joseph Talon,reconnut les rapports intimes qui associent l’existence de ces tubercules àcelle des chênes et il eut l’heureuse idée de semer des glands dans les trousde recherche qu’il avait faits. Longtemps il garda son secret, et mêmequand son procédé pour la création des truffières artificielles eut été décou-vert, les imitateurs restèrent longtemps en petit nombre : c’est vers 1856seulement que la nouvelle industrie prit une véritable importance et queles paysans, désirant leur part de la riche moisson souterraine, rivalisèrentde zèle pour la plantation des chênes trufliers. Déjà le département deVaucluse est celui de la France qui récolte la plus grande quantité detruffes; sa production totale dépasse la valeur de quatre millions de francs,car depuis 1856 on a planté dans la contrée près de 60,000 hectares enchênes trufliers. Le département limitrophe des Basses-Alpes , dans lequelon a fait aussi de grandes plantations de chênes, ne produit guère moinsque Vaucluse et trouve dans le précieux tubercule un élément des plusimportants pour la récupération de sa richesse agricole. Vaucluse et lesBasses-Alpes fournissent à elles seules près de la moitié des truffes de laFrance entière ; il est vrai qu’une grande partie de la récolte est expédiée auloin, et jusqu’en Ilussie, sous l’étiquette trompeuse de « truffes de Pé-rigord ».

Le gain d’une denrée d’exportation, à vente certaine, est déjà un grandavantage pour le pays, mais ce n’est là que peu de chose en comparaisondes avantages indirects que la culture de la truffe assure à cette partie dela France . Les terres où prospèrent les chênes truffiers sont précisémentles pentes caillouteuses et les sols argilo-calcaires presque stériles et n’of-frant aux moutons qu’un maigre pâturage. Ce sont les espaces, naguèrepresque inutiles, brûlés par le soleil, ravinés par les eaux d’inondation,que l’on s’occupe actuellement de reboiser avec zèle; grâce à la truffe,l’aspect de la contrée se modifie d’année en année ; les montagnes repren-nent leur parure d’arbres et l’effet de ces changements se fait graduelle-

1 Altitudes des Alpes au sud et à l’ouest de l’Oisans :

Grand Veymont (Vercors ). . . 2,540 mètres Mont Aurouze (Dévoluy). . . . 2,715 mètres.

Col de Lus-la-Croix-Haute. . . 1,500 » Mont Ventoux . 1,912 »

Léberon.1,125 mètres.