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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

À Bellegardc, le Rhône n’a traversé qu’une des chaînes du Jura . Ildescend presque directement au sud, en suivant la hase orientale de lamontagne que termine, au-dessus du bassin de Culoz , le haut promontoiredu Grand-Colombier. Deux torrents venus de Savoie , les lisses et le Fier, lerejoignent après avoir dû traverser comme lui, par de beaux défilés, desremparts de roches calcaires appartenant au système du Jura . Le torrentdes lisses, qui passe sous le fameux pont de la Caille, tendu à 200 mètresau-dessus du fond de la gorge, et qui va déboucher dans le Rhône àune ^ distance en aval de Seyssel, célèbre par ses couches d’asphalte

activement exploitées, a déjà complètement formé son lit fluvial et n’aplus ni lac ni marécage sur son parcours ; mais le torrent du Fier, quinaît dans les montagnes voisines du mont Blanc , en esta sa période de tran-sition géologique. Le grand lac d’Annecy n’a pas encore été changé en plainepar les alluvions des montagnes environnantes, bien que sa profondeurmoyenne ne dépasse pas une trentaine de mètres et qu’en maints endroitsde son pourtour il s’étale en eaux basses, très-favorables jadis à l’établisse-ment des villages lacustres dont on a retrouvé les vestiges. Le lac d’Annecyse compose en réalité de deux cavités distinctes, de deux vallées réunies parun détroit ; un rempart transversal de montagnes, encore bien marqué parle promontoire de Duingt, a été rompu par la pression des eaux, lors-qu’elles se trouvaient à un niveau bien supérieur à celui d’aujourd’hui.Le lac méridional n’occupe plus que la moitié de son bassin d’autrefois,car la plaine que parcourt actuellement le ruisseau de l’Eau-Morte est deformation moderne. Le grand lac, où plongent, du côté de l’ouest, lesracines du puissant Seinnoz, le Righi de la Savoie , et que dominent ducôté de l’est d’autres montagnes, à la base entourée de verdure, ne peuts’amoindrir que très-lentement en étendue, car il reçoit à peine quelquestorrents. Les déversoirs du bassin, connus sous le nom de « tbioux », sontprobablement des canaux artificiels creusés pour nettoyer la ville d’Annecy et travailler à ses moulins : l’ancien émissaire, passant plus à l’est, allaitrejoindre le Fier par des prairies marécageuses.

Devenu à peu près navigable en aval de Seyssel et de la jonction du Fier,le Rhône ne ressemble plus du tout à l’étroite veine d’eau glissant au fondde la fissure de Bellegardc : c’est maintenant une large inondation s’étalantsur un ou plusieurs kilomètres de rive à rive et divisant son courant encanaux qui se déplacent sans cesse autour des bancs de sable et des îlesverdoyantes de saules. L’aspect de tout le bassin, aussi bien que la naturegéologique des terres, prouve que le Rhône parcourt un ancien lac comblé.Nul doute que le superbe détroit de montagnes ouvert de Seyssel à Grenobl