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Livre II. La France.
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DELTA DE L’AL'IlE, canal du midi.

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alluvions et se trouve maintenant fort éloigné du grau principal de l’Aude ,appelé encore grau de Vendres 1 . Il n’est point nécessaire, comme l’ont faitplusieurs écrivains, d’imaginer un exhaussement considérable du territoirenarbonnais pour expliquer la disparition des étangs; les troubles con-tenus dans l’Aude suffisent à donner la raison de ce phénomène.

On sait que l’Aude est accompagnée dans la plus grande partie de soncours inférieur par une voie navigable qui devrait et qui pourrait avoirpresque autant d’importance commerciale que le Rhône lui-même. Ce sontde hauts affluents du Fresquel, c’est-à-dire de la branche cévenole de l’Aude ,qui fournissent au canal du Midi l’eau nécessaire pour qu’il puisse sur-monter le seuil entre les deux mers. Les ruisseaux des Cévennes sont doncles principaux agents naturels dont on s’est servi pour la création de cettegrande voie, qui n’a pas moins de 545 kilomètres de développement, en ycomprenant les canaux de dérivation et ses prolongements, à l’ouest jus-qu’à la basse Garonne , à l’est par les étangs du littoral jusqu’aux bouches duRhône .

Les prises d’eau, fort remarquables comme œuvre d’art, mais d’autantplus curieuses qu’elles datent de la fin du dix-septième siècle, époque oùde pareils travaux n’avaient pas encore été entrepris, doivent aussi auxpaysages qui les entourent une beauté singulière. Les premières eaux ducanal naissent dans une gorge boisée de la montagne Noire, à 50 kilomètresde leur confluent actuel avec la « voie des deux mers ». Elles couleraientdirectement au sud pour former l’Alzau et descendre dans l’Aude par laDure et le Fresquel, si elles n’étaient rejetées vers l’ouest par un barrage,près duquel un descendant de Riquet a fait élever un monument en l’hon-neur de son aïeul. Un canal, dit rigole de la montagne, reçoit l’Àlzau pourlui faire contourner à l’ouest les escarpements méridionaux des massifsavancés de la montagne Noire, recueille en route la masse liquide amasséedans les réservoirs du Lampy-Neuf et du Lampy-Vieux, dont le ruisseauétait jadis, comme l’Alzau, un affluent du Fresquel; puis, après avoir rejointle Sor, dans lequel il peut verser l’excédant de ses eaux, il entre lui-mêmedans le bassin de Saint-Ferréol, le plus grand réservoir du canal et l’un desplus vastes de la France entière. La digue du barrage qui ferme la vallée après de 800 mètres de longueur, plus de 52 mètres de hauteur et 70 mètresd’épaisseur . quand le réservoir est empli, le lac temporaire de Saint-Ferréola plus d’un kilomètre et demi de longueur et sa niasse liquide est alors de0,575,000 mètres cubes. Mais il est rare que le bassin se trouve ainsi dans

1 Ch. Lenthéric , Villes mortes du golfe de Lyon.