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à la Garonne et comme locataire du canal du Midi lui-même ; depuiscette époque la grande voie navigable des deux mers, sacrifiée aux intérêtsd’un monopole, est presque entièrement perdue pour le commerce : on amême parlé de l’utiliser principalement comme simple rigole d’irrigation,Le mouvement des embarcations sur le canal du Midi a diminué de plus demoitié dans les vingt dernières années, tandis que l’activité des échangess’est accrue dans de si fortes proportions : l’ensemble du trafic est dix-huitfois moins important sur le canal du Midi que sur celui de Saint-Quentin ,
A l’est de l’Aude, coule la rivière de l’Orb, vers laquelle le canal du Midi descend par les belles écluses de Fonserannes disposées en escaliers. L’Orb,qui n’a plus actuellement qu’un seul grau marin, et dont l’anciennebouche orientale, la Grande-Maïre, est partiellement oblitérée, présenteune différence plus grande encore entre scs eaux de crue et d’étiage.Quant à l’Hérault , le torrent le plus important de la contrée comprise entrel’Aude et le Rhône , son cours est soutenu par des sources abondantes quijaillissent des assises calcaires de son bassin supérieur et qui font le charmede ces défilés sauvages; sur un espace de quelques kilomètres, il a mêmeassez d’eau pour être navigable en tout temps aux petites embarcationsmarines. Le fleuve, canalisé à l’entrée et dragué jusqu’à 5 mètres deprofondeur, offre ainsi bien plus d’avantages au commerce que l’embou-chure du Rhône lui-même. La petite île de Rrescou et le cap d’Agde pro-tègent d’ailleurs quelque peu les abords de l’Hérault , et font comprendrela pensée de Richelieu, qui avait fait commencer la construction d’un môled’abri entre le continent et l’îlot fortifié de Rrescou. Mais après la mort ducardinal les travaux furent abandonnés; la digue est en partie démoliepar les vagues, et les sables ont partiellement comblé la baie, car en cetendroit la côte avance en moyenne de 2 mètres par an l . Il faudrait doncentreprendre de grands travaux avant que la rade pût mériter de nouveaula renommée maritime qui valut à la ville voisine son nom d’Agde (Àgathé) ou de « Ronne ». C’est au port artificiel de Cette que sont appli-quées maintenant toutes les ressources du génie hydraulique.
Entre l’Hérault et le Rhône , il n’y a plus que de petites rivières, dontle Lez est la plus connue, grâce au voisinage de Montpellier . « Il rappelleles fleuves de la Grèce . Il y a sur ses bords tantôt le paysage sec et aride,tantôt et tout à coup le frais bosquet et l’ombrage comme pour l’Eurotas ;et c’est le même ciel bleu 2 . » Comme l’Hérault , il est soutenu à son étiagepar des sources constantes, surtout par une très-belle fontaine jaillissant en
1 Jordan, Histoire de la ville d'Agde, citée par Ch. Lenthéric , Villes mortes du golfe de Lyon.