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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

dans la Méditerranée . Dans les étonnants défilés de son cours supérieur, leYar est une eau fuyante, glissant dans l’obscurité; en aval, c’est alternati-vement un fleuve impétueux, que des digues, distantes l’une de l’autre de800 mètres, ne réussissent pas toujours à contenir, et une étroite rivièredont on cherche du regard les sinuosités au milieu des cailloux emplissantl’énorme lit.

IV

Des deux côtés du Rhône , le contraste est complet entre les rivages de laMéditerranée. Sur la courbe saillante du littoral de Provence , les côtessont abruptes, coupées de rades et de calanques, armées de promontoires etde péninsules; les falaises se continuent si brusquement dans la mer, lesgrèves sont couvertes de tant de débris roulés par le flot, que les mollusquessont extrêmement rares dans les fonds voisins : à peine trouvent-ils çà et làune crique sablonneuse où il leur soit possible de se développer en paix.Y l’occident du Rhône , au contraire, de longues plages basses, formées d’unsable presque entièrement siliceux apporté des montagnes granitiques parle Rhône et les fleuves cévenols, s’arrondissent en une vaste courbe ren-trante d’une régularité singulière; sous les Ilots mêmes, l’inclinaison dufond est tellement égale, que les lignes de même profondeur déroulentconcentriquement leur courbe au large du littoral entre le cap Béar et lecap Couronne. Ce contraste des côtes du Languedoc et de la Provence explique en grande partie l’histoire si différente des deux provinces. D’uncôté, toute la vie est sur le rivage; de l’autre, les villes se tiennent en arrièrede la mer et ne « veulent pas être des ports ». Le Languedoc est unecontrée plus continentale que maritime 1 .

Dans les détails de son profil, la plage du Languedoc présente une formedes plus gracieuses. Des montagnes, des collines ou de simples massesrocheuses, espacées de distance en distance, servent de points d’appui à lasérie des plages et leur donnent une disposition analogue à celle d’unechaîne suspendue de pilier en pilier. Une première courbe se déroule de lapoJnte de Collioure au cap Leucate; une deuxième est comprise entre Leucate et le cap d’Agde ; une troisième, beaucoup moindre, a pour bornes les deuxmontagnes d’Agde et de Cette ; enfin la quatrième courbe se développe deCette aux péninsules sablonneuses du delta rhodanien. Les promontoires

1 Michelet, Histoire de France , tome IL