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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
croupes et les crêtes de U, ’ ' ' éâtre de collines et de montagnes qui entoure la radeet la plaine. Par son armement, Toulon est une des places les plus formidables, maisaussi les plus coûteuses de l’Europe , car chaque nouvelle invention dans l'art des'entre-détruire oblige à recommencer les travaux. Malheureusement cette physionomieguerrière de la ville et les stricts règlements de la marine n'agissent point d'une manièrefavorable sur le commerce, et, malgré l’excellence de son port, Toulon n’a qu’un très-faible mouvement d'échanges ; il ne vient même qu’après Nice pour l’ensemble du trafic,quoique les approvisionnements de la flotte emploient déjà un grand nombre de petitscaboteurs. Quant à l’industrie, elle est également sans grande importance : c’est à laSeyne , à l’extrémité occidentale de la petite rade, que se sont établis les chantiers deconstructions navales appartenant à la Société des Forges de la Méditerranée : plusieursmilliers d'ouvriers y travaillent constamment à la construction de grands navires en feret en bois, destinés soit à la marine militaire, soit à la marine marchande ou de transport ;c’est là qu’ont été lancés quelques-uns des plus beaux paquebots des Messageries. Lespetits ports de Saint-Nazaire et de Bandols , situés sur le revers occidental du cap Sépet,peuvent être considérés comme des havres extérieurs de Toulon ; ils expédient les denréesde ses campagnes. A Saint-Nazaire est installée une madrague pour la pèche du thon.
Les villes, comme les individus, ont chacune leur vocation spéciale et se distribuentles rôles dans l’économie générale de la société. Devenue place de guerre et grandmagasin d’approvisionnements pour la flotte, Toulon ne peut en même temps rivaliseravec Nice, Cannes et Menton comme lieu de résidence pour les valétudinaires étrangers.Pourtant le climat n'y est pas moins doux qu'à Ilyères et sur les côtes de la Ligurie . Lessites des alentours, au sud-ouesf la presqu’île du cap Sicié, à l'ouest les gorges d’ÜIlioules,au nord la sauvage vallée de Dardennes et ses entonnoirs ou garagaïs, au nord-est lamontagne de Coudon, ne le cèdent point en beauté aux paysages de la côte orientale ;mais la mode européenne ne permet pas encore aux malades de s’arrêter en cet endroitdu littoral de la Provence. Ils doivent dépasser Toulon , comme ils ont déjà dépassé, envenant de Marseille , tant d’autres villes charmantes, si bien situées au bord de leursearanques, entre de hauts promontoires.
La ville d’Hyères, qui fut supérieure à Toulon en rang et en population jusqu'auquatorzième siècle, n’a point l'avantage de posséder un port, néanmoins elle est situéede manière à garder son ancienne importance. Sa magnifique rade occupe précisément lapartie la plus avancée de tout le continent entre les deux concavités du golfe du Lion et du golfe de Gènes. Le petit bassin lluvial du Gapeau et une large plaine la mettenten communication avec les riches campagnes de Cuers et de Solliès-Pont, qui s’étendentsur le versant septentrional des Maures ; enfin les terrains qui l’entourent sont d’unegrande fertilité. Bien avant Cannes et Menton , Ilyères était aussi une résidence d’hiver,renommée pour la douceur de son climat. Dès le seizième siècle, on la vantaitcomme lieu de guérison pour les malades et de délices pour les bien portants, etCatherine de Médicis voulait s'y faire bâtir une « maison royale entourée de jardins ».De nos jours, Ilyères est un peu délaissée pour ses jeunes rivales des Alpes Maritimes ;elle n’a pas, comme elles, l'avantage de se trouver au bord de la mer, et même elleen est séparée par des plages marécageuses et des salins ; en outre, sa vallée s’ouvrelargement au nord-ouest et laisse passer le mistral en liberté : on n’est à l'abri de cevent redoutable que dans les vallons méridionaux des montagnes environnantes. Cepen-dant il est nombre de malades auxquels le climat d’IIyères convient mieux que celui deCannes ou de Nice , parce qu'il est moins chargé de particules salines. La plaine dejardins, toute parsemée de bastides blanches et roses, qui s’étend au-dessous de la villed’Hyères , n’est plus, il est vrai, cette forêt d’orangers qu’on admirait jadis ; les pêchers,