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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

veillait les approches du Graisivaudan ; puis, au delà de Saint-Picrrc-d’Albigny, où desLyonnais ont fondé une grande manufacture de taffetas, la voie se recou rite au sud pourremonter les bords du torrent d’Arc. Dans un vallon latéral est la petite ville de Saint-,lean-dc-Maurienne, devenue chef-lieu d'arrondissement : c'est la capitale de la .Maurienne,dont les bourgs et les villages se succèdent à l’ouest jusqu’à lionneval, au pied du col del'iseran, presque toujours obstrué de neiges. Les deux bourgades les plus connues de lavallée sont Modane, à l'entrée du grand tunnel des Alpes , et Lans-le-llourg, à l’endroitoù commencent les grands lacets d’ascension de la route du mont Cenis.

La liante vallée de l’Isère, moins âpre que la Maurienne , plus riche en pâturages et euforêts, est aussi plus populeuse; mais, chose curieuse, les habitants y sont beaucoup pluspetits, la taille des conscrits y est en moyenne de 6 centimètres plus faible que dans lesautres parties de la Savoie . 11 est probable que les gens de la Tarentaisc sont distincts deleurs voisins par l’origine : ils ont les cheveux plus noirs, l’esprit plus vif, et ressemblentà des méridionaux. On les considère comme les descendants des Ceutrons dont parlent lesauteurs anciens. Deux villes du haut bassin de l'Isère ont été désignées comme chefs-lieuxd’arrondissement, Albertville , située sur les bords de l'Arly, dont la vallée offre le cheminle plus facile vers Sallanches et tout le pays du Faucigny, et Moùtiers , bâtie au confluentde l'Isère et du Doron. Cette bourgade possède des sources salines produisant en movenne0,500 quintaux métriques de sel. A la source même, située au village de Salins, s’élèveun établissement thermal; plus avant dans la vallée du Doron, jaillissent les eaux sulfu-reuses de brides, d’autant plus fréquentées que le pays environnant offre des sites remar-quables, défilés sauvages, rochers abrupts, névés et glaciers 1 .

Le département de la Haute-Savoie , qui comprend toute la partie septentrionale desAlpes françaises, se divise en plusieurs provinces naturelles dont les noms sont toujoursemployés par la population de la contrée. Le Génevois est la partie de la Haute-Savoie quis’incline à l’ouest vers le Itliùne, et que la disposition de ses montagnes parallèles fait res-sembler aux départements du Jura. Le Faucigny est la région des grandes Alpes que par-court le torrent d'Arve , et que domine à l’est la puissante masse du mont IUanc ; enlin leChablais , que les traités de 1815 avaient neutralisé pour les opérations militaires, tout enle cédant à l’Italie , est formé par le massif de montagnes, les plateaux avancés et lesplaines que limite au nord le lac Léman, entre les deux cantons suisses de Genève et duValais . Occupée par une grande étendue de neiges, de rochers et de froids pâturages, laHaute-Savoie n'a guère qu’une moitié de sa surface utilisable pour les cultures et lesprairies; néanmoins les productions agricoles, l’élève des races de bétail tarine et suisse etla fabrication des fromages jointes aux ressources de l'industrie 2 , aux profits du commerceet de l’émigration, suffisent pour nourrir une population relativement considérable, supé-rieure à celle du reste de la France par la densité et aussi par la moyenne de l’instruction 5 .

La partie méridionale de la Haute-Savoie est arrosée par les eaux du Fier. Sur cetterivière torrentielle il n'y a point de ville, à moins que l’on ne donne ce nom à la bour-gade de Tbones ; mais le chef-lieu du département se trouve sur les Tliioux, principal

* Communes urbaines les plus importantes tle la Savoie en 1872 :

Chambérv. 19.150 bah. j Aix-les-Bains . 4,200 lmb.

Albertville . 4.400 » I Saint-Jean-de-Maunenne. . . . 5,400 »

Moùtiers .. 1,950 hab.

- Production delà Haute-Savoie en lait, beurre et fromages en 4875, d’après Barbier : 14,500,000 tr.

Superlicie du département Population en 1872. Population kilométrique.

3 4,512 kilom. carrés. 505,100 habitants. 70 habitants.