POLIGNY. AIIBOIS, SALINS, DOLE.
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Voiteur, et plus au nord Poligny, chef-lieu d'arrondissement, sont situés, comme Lons-le-Saunier , à lu hase du plateau jurassique, en face d’entailles creusées dans ce plateaupar les eaux et les intempéries. Ayant les mêmes conditions géologiques et agricolesijue son chef-lieu, l’oligny s’occupe aussi de l’exploitation des carrières, de la fabricationet de l’expédition des vins, et, dans le voisinage, des sources salines sont également utili-sées. Pour compléter la ressemblance, Poligny possédait aussi, dans les environs, un obé-lisque sacré, en partie taillé de main d’homme : cette « Pierre qui vire » est maintenant àdemi renversée.
En continuant de suivre au nord la hase des escarpements du Jura , on passe à la villed’Arbois , occupant une situation analogue à celle de Poligny : la rivière qui la baignes’élance toute formée d’une profonde grotte, à quelques kilomètres en amont de la ville,dans un cirque d’érosion qu’entourent de toutes parts de hauts escarpements. C’est auxalentours de Voiteur et d’Arhois, sur des graviers d’un calcaire brunâtre, que les vigne-rons obtiennent les meilleurs crus du département ; on apprécie surtout le vin « jaune »de Chàteau-Châlons, au-dessus de Voiteur, et le vin rouge des Arsures, que l’on récoltesur les coteaux situés plus au nord, dans le voisinage de Mouchard, la station de cheminde fer où la grande ligne de Paris se ramifie en trois blanches, vers Salins, Neuchâtel etLons-le-Saunier .
Salins, dont les vignobles ne sont guère moins renommés que ceux d’Arhois, est uneville d’aspect fort original ; elle se trouve déjà dans une cluse de montagne, et s’étend surplus de 5 kilomètres de longueur, au bord d’une rivière bien nommée la Furieuse, entredeux promontoires élevés, portant l’un et l’autre d’anciens forts ; à l’est, les constructionsdescendent de redoute en redoute vers l’église pittoresque de Sainl-Anatoile, au-dessousde laquelle est l’amphilhéàtre des hauts quartiers ; au nord, le mont I’ ^ fermel’horizon. Salins est mieux connu des étrangers que la plupart des autres villes duJura , et les curiosités naturelles de ses alentours sont fréquemment visitées à cause deson grand établissement d’eaux salines, où les baigneurs se portent en foule pendantla belle saison. Les salines mêmes sont toujours exploitées et donnent une quantitéde sel et de produits chimiques à peu près égale à celle que l’on obtient à Montmorot :une partie des eaux, qui se saturent sur un banc de sel gemme, situé à plus de 200 mè-tres de profondeur, est évaporée dans rétablissement même de Salins , tandis qu'une autrepartie du liquide descend par un tuyau de 17 kilomètres de longueur à la saline d’Arc etScnans, près de l'endroit on le chemin de 1er de Besançon vient s’embrancher sur lagrande ligne de Paris à Pontarlicr. Outre les sels, les vins et les fromages, Salins exporteen quantités considérables du minerai de 1er, du plâtre, de la chaux, des pierres à bâtir,et c’est de Chamblav, le port de rivière le plus rapproché de Salins , que sont expédiés, parle cours de la Loue, les bois des forêts environnantes : d’où le nom de « bois de Cham-blay » donné aux sapins du Jura . Mais le principal centre industriel de la contrée est àune vingtaine de kilomètres au sud de Salins, dans une haute vallée du Jura où se réunis-sent les eaux de l’Ain et de la Londaine : c’est Champagnole , dont les usines laminentle fer et fabriquent des outils de toute espèce.
Dole, qui fut la capitale de la Franche-Comté , siège d’université et de parlement, n’estde nos jours que chef-lieu de sous-préfeeturc, mais elle est encore la ville la plus popu-leuse du département du Jura . Elle présente un caractère original et, par sa situation géo-graphique, diffère complètement des autres cités de la contrée. Placée sur le derniercontre-fort d’un chaînon qui ne se rattache qu’indireetement au Jura , elle domine uneplaine ouverte que parcourent les eaux du Doubs et plus au sud celles de la Loue; de sonesplanade supérieure, on peut voir au loin, par delà les campagnes du Finage et de la Bresse ,les croupes allongées, uniformes du grand Jura , et parfois même les cimes neigeuses des