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Livre II. La France.
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son enceinte, possède aussi de grands établissements métallurgiques, et dans les environs,sur les bords du Doubs et de son aflluent, la boue, les forges sont nombreuses. Au nord,près du village de Miserey, on exploite d'importantes salines, récemment découvertes.Ornans, située dans la partie supérieure de la haute vallée d'érosion que parcourt la Loue,est aussi une ville fort active : l'eau y fait mouvoir les rouages de plusieurs usines. Lespentes des coteaux environnants sont couvertes de cerisiers dont le fruit sert à préparerune liqueur Irès-appréciée.

Urnans est, en outre, un centre d'excursions. Kn se dirigeant au sud-est vers Pontar-lier, on peut aller visiter la source de la Loue, caverne de 52 mètres de hauteur, d'où larivière s'élance, assez puissante déjà pour faire travailler une usine. Au sud-ouest d’Ornanss'ouvre la vallée du Lison, où sont réunis, sur un espace d'un kilomètre seulement, lesplus beaux accidents naturels, la source du Verneau, la chute du Lison, qui s’élance d'uneimmense caverne, le Bief-Sarrasin, dont la grotte engloutirait la façade de .Notre-Dame deDaris avec ses tours. Au-dessus de cette vallée si riche en étonnants tableaux, se trou-vent les débris d une antique cité. Alaise, qui garda son nom romain d’Alesia dans lesdocuments du moyen âge, est considérée par plusieurs érudits comme l’endroit précis dela Caille où César accomplit définitivement l’œuvre de la conquête. Il est certain qu'unegrande bataille fut livrée dans la plaine voisine et sur tous les plateaux du pourtour ;les noms de lieux, les milliers de tombolles emplies d’ossements, les armes trouvées dansle sol. les restes de retranchements, témoignent de l'importance du conflit *. Le nom deMendjous, que l'on donne encore aux habitants d'Alaise, n’est autre peut-être que celui dela ' : des Mandubiens mentionnée par César. (Jitoi qu'il en soit, le village d'Alaise.

jadis presque inconnu, est maintenant un lieu,de pèlerinage pour les archéologues*.

Actuellement, un le sait, la large avenue qui sépare les promontoires divergents desVosges et les murs parallèles du Jura est surveillée par la citadelle de Belfort , une de cesvilles dont il faut parler avec respect, car elle sut faire, son devoir, alors que tant d'autresy manquaient. D'abord cédée à l'Allemagne après la guerre de 1871, Belfort fut rendue àla France en échange d'un district de la Lorraine ; mais la plus grande partie de sonarrondissement est restée entre les mains des vainqueurs : les quatre cantons qui formentle territoire actuel de Belfort occupent, en avant de leur chef-lieu, vers la frontière alle-mande, un espace de 15 à 20 kilomètres de largeur moyenne : on n’y parle que le fran-çais , sauf dans le canton de Belle, où la plupart des habitants connaissent à la fois lesdeux langues 1 2 3 .

La place de Belfort n'a point une valeur stratégique comparable à celle d'autrefois,car si elle terme l une des portes militaires de la France , celle qui se trouve au sud desVosges, l’autre porte, celle du nord, est largement ouverte aux Allemands , qui possèdentles cols, les deux versants de la montagne et la grande place de Metz . Néanmoins.Belfort occupe toujours une position de premier ordre, comme citadelle de défense etcamp d’attaque, et peut fermer absolument l une des entrées de la France à la condition

1 A. Delacroix, J. Quicherat , Castan, Ern. Desjardins, etc.

2 Communes les plus importantes du Doubs en 1872 :

Besançon. 40,400 hab. [ Audincourt . 5,725 liai).

.Montbéliard . Ii.500 » i Ornans. 5,175 »

t’ontarlier. i.075 » j Baume-les-Dames . 2,450 »

3 Superficie du territoire de Belfort. Population en 1872. Population kilométrique.

574 kilomètres carrés. 57,1100 habitants. 100 habitants.