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Livre II. La France.
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TARARE , BEAUJEU, YILLEFRAXCHE, GIYORS.

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les canuts eux-mêmes fuient en grand nombre la ville pour vivre à meilleur marché. Tousjes bourgs et faubourgs industriels voisins, Villeurbanne, Venissieux, Sainte-Foy, Oullins ,Saint-Genis, Caluire et Cuire, et même plus au nord, Neuville, l’ancienne commune libredu « Franc-Lyonnais », ont, à côté de leurs fabriques diverses, des métiers à soie battantsans cesse pour les négociants de Lyon : l'espace occupé par l’industrie lyonnaise propre-ment dite s’étend bien au delà des limites de la cité, elle s’étend même jusqu’en Savoie :les manufactures de Chambéry n’appartiennent pas moins au chef-lieu du Rhône que lesmétiers de la Croix-Rousse.

A l’ouest des collines du Lyonnais , que l'on hérisse de nouveaux forts et qui se terminentà l’est par le massif du mont d’Or, aux fromageries célèbres, on se trouve déjà dans unmilieu différent par le travail et les mœurs industrielles. L’Arbresle, située dans un cirquede collines, au confluent de deux torrents, s’occupe aussi de la fabrication des soieries,mais elle a surtout de l’importance par ses carrières de pierre de taille, de pierre à chauxhydraulique et par les énormes gisements de pyrites de Saint-Bel, où viennent puiser laplupart des usines françaises pour la préparation du soufre et de l’acide sulfurique, et quireprésentent au moins 12 millions de tonnes d’un minerai remarquable par la pureté 1 ; aunord de l’Arbreslc, le village de Cliessy-les-Mines était jadis fort important à cause deses minerais de cuivre. Sur le chemin de fer de Roanne est l’industrieuse Tarare , bâtieen amphithéâtre à la base méridionale du mont Tarare ; encore au milieu du siècle der-nier, ce n’était qu’une triste bourgade dépourvue de toutes communications faciles avecles vallées de la Loire et de la Saône ; de nos jours, elle est comme Lyon , quoique àun bien moindre degré, un centre industriel. F.llc possède une très-grande fabrique depeluche et de velours, mais la majorité de ses ouvriers travaillent, soit dans la ville,soit dans les environs, au tissage de la mousseline et aux broderies; dès le commence-ment du siècle, les produits de Tarare étaient célèbres; actuellement ils donnent lieuchaque année à un mouvement d’affaires de plus de 20 millions. Diverses bourgades ma-nufacturières, qui se trouvent au nord-ouest de Tarare , près des limites du départementde la Loire, Amplepuis , Tliizy, Cours, s’occupent aussi de la fabrication d’étoffes diverses,mousselines, cotonnades et toiles de fil dites « bcaujolaises ».

La partie du département que limite à l'est le cours de la Saône et qui doit son nom deBeaujolais à la ville de Beaujeu, jadis princière, prend aussi une certaine part au travailindustriel de la contrée. Yillefranche, le chef-lieu actuel de l’arrondissement, Belleville ont leurs fabriques d’étoffes diverses ; mais dans l’ensemble de ce pays l’agriculture a laprépondérance sur le travail de l’industrie. Les vins du Beaujolais sont fort connus enFrance et à l’étranger. On a constaté que tous les crus renommés de ces coteaux sontobtenus par les vignerons sur un filon de porphyre granitoïde ; ils ont une finesse et unbouquet particulier qui n’existent pas dans les vins provenant des terrains carbonifères.Les cultivateurs le savent si bien, qu’ils transportent fréquemment sur les terres voisinesl’arène décomposée du porphyre. La différence des plants entre aussi pour beaucoup danscelle des crus. On distingue les deux grandes variétés du « pineau » qui donne les excel-lents vins et du « gamey » qui produit des vins ordinaires et remplace la qualité parl’abondance.

Au sud de Lvon, la ville de Givors, située au bord du Rhône , à l’issue du Gier et d’uncanal navigable, appartient beaucoup plus au groupe industriel de Saint-Fltienne qu’à celuide Lyon ; elle se trouve près de l’extrémité orientale du grand bassin de charbon quicommence dans le Forez aux bords de la Loire . Ses usines, alimentées par le combustiblequi lui vient des houillères voisines, sont de grands établissements métallurgiques, des

’ Production annuelle des mines de Saint-Bel : 120,000 tonnes.