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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

naguère obstrué de broussailles, on a découvert des mofettes, semblablesà celles de la grotte du Chien, près de Pouzzoles . Au pied du cône deSouillols s’échappe aussi une source d’acide carbonique, où l’on asphyxietemporairement des chiens et des oiseaux 1 .

Dans l’histoire du sol français , les six bouches de laves ouvertes dans lebassin de l’Ardèche , à la base du plateau granitique du Yivarais, conti-nuation des Cévenncs, sont peu de chose en comparaison des grands volcansdu Mézenc , se dressant au plus haut de l’énorme socle que leur forment lesroches primitives. La principale cime de cette chaîne volcanique, d’où seprolonge vers le nord-est la rangée des Boutières, faîte de partage entre lavallée du Bhône et celle de la Loire, est le Mézenc lui-même, dont les troisdents s’élèvent au-dessus de pâturages en pente douce, tout diaprés de fleurs.

D’autres sommets voisins, dont les « lauzes » micacées semblent encore enfeu quand elles resplendissent au soleil, entourent le Mézenc et paraissentêtre les restes dégradés de ses anciennes coulées : un de ces rochers,appelés « sucs » dans le pays, est le Gerbier de Joncs, qui donne naissanceà la source maîtresse de la Loire . Le ruisseau né sur ces hautes plaines couled’abord au sud, comme s’il devait se déverser, par-dessus le rebord duplateau, dans le bassin de l’Ardèche ; mais un pli du terrain le force à serejeter à l’ouest, puis au nord, et désormais bien lancée sur la pente del’Océan, la Loire continue de suivre la même direction dans toute la régiondes montagnes. A plus de 100 mètres au-dessus du fleuve encaissé, s’ouvresur le plateau une énorme vasque d’effondrement où dorment les eauxprofondes du lac d’issarlès.

Le phonolithe qui compose le Mézenc et les cimes environnantes paraîtêtre sorti de terre à l’état de grande fluidité, et s’être épanché très-rapide-ment sur les pentes du plateau cristallin. 11 en résulte que les cônes vol-caniques ont, relativement aux roches antérieures qui les portent, unefaible élévation : quoique érigé sur une hase beaucoup plus haute quecelles du Cantal et du mont Dore, le Mézenc leur est inférieur en altitude.Les laves qui sont sorties de son cratère, de texture assez inégale, ont étéattaquées par les intempéries, de manière à se développer en une rangéede cônes distincts, que recouvi’e un sol blanchâtre où croissent des forêtsde chênes et de sapins. M. Pouletl Scrope, dont l’opinion n’est d’ailleurspoint partagée par d’autres géologues, pense que les cônes phonolithiquesdu Mégal ou Meygal, alignés au nord-ouest du Mézenc vers les vallées de laLoire et de son affluent le Lignon du sud, ne sont autre chose que les

Poulett Scropo, trad. de Vimont, Géologie et volcans éteints de la France .