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de cabotage pourraient remonter jusqu’à Saintes , mais à Taillebourg desécueils barrent le lit de la rivière. La navigation maritime ne commenceréellement qu’à Tonnay-Charente , où la marée s’élève de 5 mètres et demilors des vives eaux. A. l’ouest de Rochefort, la rivière ou plutôt l’estuaire,dont les vases sont incessamment remuées par le llux ou le rellux, n’estqu’un large fossé boueux : les rivages (pie découvre le jusant n’offrent quedes plages molles où l’animal qui pose le pied est perdu sans espoir. Auxplus basses mers observées, il n’y a que 60 centimètres d’eau sur la barrede la Charente , à l’endroit où son Ilot se mêle à celui de la rade extérieure.
Les autres rivières de la Saintonge et du Poitou , la Seudre, la Sèvre Mor-taise, bleue et profonde, le Lay venu du Bocage vendéen, sont bien infé-rieures à la Charente par leur volume d’eau et n’ont d’importance réelleque dans la partie maritime de leur cours. On peut même dire que laSeudre est non une rivière, mais seulement un estuaire marin. Les eauxde ce golfe, où les escadres françaises de l’Océan avaient leur principalestation avant l’établissement des ports de Brest et de Rochefort, sont com-plètement salées : la hante Seudre, que la grande écluse de Ribérou, enaval de Saujon, arrête ou laisse couler suivant les heures du llux, est unruisseau tout à fait insignifiant en proportion du Ilot de l’Océan auquel ilvient se mêler. D’ailleurs les changements qui se sont opérés dans la con-liguration du littoral ont dû modifier diversement le régime des rivièresdans tout leur cours inférieur.
III
Le travail de destruction qui a séparé la Cornouaille anglaise de l’Ar-morique, détaché du continent les îles (Normandes et réduit la péninsulede Bretagne à ses dimensions actuelles, s’est accompli également au largedes côtes entre la Loire et la Gironde . Des fonds de roches s’étendent à l’ouestde l’île d’Oleron, de l’île de Ré, de tout le littoral vendéen , et relient sous-marinement Pile d’Yeu à la terre ferme par un de ces isthmes submergés queles marins eux-mêmes désignent sous le nom de « ponts ». Tous ces lits derochers, non encore recouverts par les vases et les débris d’animalcules,ne sont autre chose que les fondements de l’ancienne rive, rasés par le mou-vement des dots à des profondeurs diverses. O 11 pense même que les brisantsdangereux de Rochebonne, à plus de 50 kilomètres à l’ouest de Pile de Ré,sont les restes d’une côte démolie.
Mais en dedans de ce premier rivage dont les roches profondes sont les