CHANGEMENTS Dl' LITTORAL DE L’AUNIS.
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en terrains de culture, sur le modèle des polders hollandais; toutes leslaisses marines du golfe sont ainsi utilisées les unes après les autres, etmôme des îles ont été peu à peu rattachées au continent. La carte dePierre Roger, de 1579, montre encore l'ile Bonin en pleine mer, et placeune deuxième île plus à l’est dans les plaines basses cpii s’étendent de nosjours au pied des coteaux de Chàteauneuf 1 .
Autrefois le haut prix du sel engageait les habitants du littoral à éta-blir des marais salants sur tous les anciens fonds d’argile déposés parla mer : les anciens documents en font mention dès le septième siècle.De la Seiulre à l’estuaire de la Loire, la côte est bordée de salines, oùl’eau de mer est promenée de compartiments en compartiments, jusqu’àce qu’elle dépose une couche de sel. Mais dans les années pluvieuses touterécolte de sel est impossible sur les côtes occidentales; même dans lesbonnes saisons le travail y est plus coûteux que sur les bords de la Médi-terranée et dans les salines de l’Est: aussi les marais salants sont aban-donnés les uns après les autres et se changent en marais « gàts ». Quoique« gâtés » pour la production du sel, ces marais peuvent devenir une nou-velle source de richesses, car ils donnent en abondance, suivant leur étatd'assèchement, soit du foin, soit des herbes grossières. Seulement il estnécessaire, pour la salubrité du pays, que l’eau douce venue de l’intérieurne se mêle pas à l’eau saline dans les anciens marais; sinon l’air s’em-poisonne et les populations du voisinage sont décimées. C’est pour avoirméconnu ces règles de l’hygiène du climat que les habitants des districtsde Rochefort et de Maronnes ont eu si longtemps à souffrir de lièvres• endémiques. Jadis certaines communes ne pouvaient fournir une seulerecrue aux armées, tous les jeunes gens étaient infirmes ou malades. Desbourgs et des villages entiers avaient été dépeuplés par le iléau : la fièvre,non moins que le retrait de la mer, a fait de Brouage ce qu’il est aujour-d’hui, un misérable hameau que l’on s’étonne de voir fièrement entouré deremparts et de bastions. Mais grâce aux efforts, longtemps mal secondés,d’un homme de dévouement, M. Le Terme, toute la région de Marennes aété parfaitement assainie, les fièvres ont disparu, la vie humaine a reprissa moyenne normale 2 .
On sait (jue les riverains de la Saintonge et du Poitou n’exploitent passeulement les rivages émergés, mais qu’ils cultivent également les eaux en
1 Ernest Desjardins , Géographie de la Gaule, p. 212.
- Proportion des décès à Marennes de 1817 à 1852. 1 sur 21 liai).
» ,, « 1858 à 1847. 1 » 27 »
» u » 186G à 1876. 1 # 57 »
(Robert, Ch. Botton, Notes manuscrites.)