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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

l'Océan qui n’a pour le commerce ni les privilèges des golfes profondé-ment enfoncés dans les terres, ni ceux des mers qui baignent les péninsulesavancées. D’Orléans à Tours seulement la vallée de la Loire esl em-pruntée par la voie du nord de l'Europe en Espagne ; mais ce fait mêmeprouve que la Loire , considérée comme chemin des nations, tire précisé-ment sa principale importance de ses rapports géographiques avec lesautres bassins. Le sommet de la courbe élégante qu’elle décrit vers lenord dans la direction de Paris devait être nécessairement un point debifurcation de deux chemins naturels, l’un se dirigeant au sud-ouest parla Touraine et les vallées de la Tienne et de la Charente , l’autre, devaleur historique beaucoup moindre, remontant le fleuve au sud-est versla Bourgogne .

Le grand rôle des contrées de la Loire moyenne dans l’histoire spéciale dela France est d’avoir, plus'que toute autre province, contribué à la naissanceet au développement de la nation. Bien protégée du côté du sud par lamasse du Plateau Central, aux populations clair-semées, garantie égalementà l’est par les monts du Morvan, et à l’ouest par les granits du Poitou et dela Bretagne , celte région ne pouvait être facilement envahie que par lenord, et dans cette direction elle se trouvait couverte par toute la largeurdu bassin de la Seine. Leur position géographique même forçait la Lor-raine et la Champagne, la Picardie et Elle de France à se dévouer pourla Touraine et les provinces voisines. C’est, au sud de la grande courbe dela Loire que la nation, moins troublée par les guerres extérieures, a puse constituer le plus solidement et qu’elle a le mieux trouvé sa langue et songénie. Quoique pendant une grande partie du moyen âge la « langue d’oc »se soit parlée sur les plateaux du voisinage immédiat, et que du côté del’ouest les dialectes celtiques se maintiennent en Bretagne , l’idiome dupaysan tourangeau est la vraie « langue d’oui » dans toute sa richesse etsa pureté ; c’est en Touraine aussi que sont nés plusieurs de ceux qui l’ontle mieux parlée, et notamment Babelais, celui qui en a le mieux comprisla puissance et l’ampleur.. Si l’on veut chercher la moyenne, le vrai centred’équilibre de la nation, des Alpes à la Bretagne et des Pyrénées à l’Ar-denne, ce n’est point à Paris, c’est aux bords de la Loire qu’il faut aller :là se trouvent fondus dans un harmonieux ensemble de bon sens et degaieté, d’esprit et de sérieux, les contrastes si violents qu’offriraient leBreton à côté du Provençal , le Béarnais à côté du Lorrain.

Cette Irance par excellence des bords de la Loire a contribué pour unetrès-forte part à l’œuvre de francisation des provinces voisines. C’est par lesvallées de la haute Loire, de l’Ailier, du Cher, de la Creuse, de l’Indre et de