NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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Pougues, célèbre par ses eaux minérales earbonatées et ferrugineuses, puis il se rapprochede la Loire pour descendre à l'ancienne ville monacale de la Charité, ainsi nommée desmendiants qui s'y rendaient en foule pour prendre leur part des aumônes. La maisonde la Charité, « fille aînée de Cluny » et mère d'une multitude d’autres abbayes, fut auonzième et au douzième siècle l'une des plus riches de l'Europe : la belle église romanede Sainte-Croix, à demi ruinée, date de cette époque. Ce sont aussi les moines de la Cha-rité qui ont planté les vignobles des coteaux de Pouilly-sur-Loire, devenus fameux par leursvins blancs, et qu’il ne faut pas confondre avec ceux de l’ouilly en Bourgogne .
En aval du méandre fluvial que domine du haut de sa terrasse la ville berrichonne deSancerre, Cosne, chef-lieu d'un arrondissement de la Nièvre , occupe le fond d'une petiteplaine où le Nohain vient s’unir avec la Loire ; souvent le fleuve s'y est élevé à des hau-teurs redoutables pour les habitations. Le bourg de Donzy , dans cette même vallée duNohain, dont Cosne occupe l'issue, travaille le fer, tandis qu’on fabrique surtout des pote-ries à Saint-Arnaud en Puisaye, déjà situé, comme son nom l'indique, dans une autre ré-gion naturelle, quoique toujours dans l’arrondissement de Cosne .
Chàteau-Chinon, l’ancienne capitale du Morvan et le chef-lieu de l’arrondissement orien-tal de la Nièvre, n’est pas dans le bassin de la Loire ; la montagne de 609 mètres d'alti-tude sur les pentes de laquelle elle est bâtie verse d'un côté ses eaux à la Loire par unaffluent de l’Aron, et de l’autre à la Seine par l'Yonne naissante, que du haut des terrasseson voit couler à l'est dans sa vallée profonde. Château-Chinon est trop élevé, trop éloignédes grandes voies de communication pour avoir une industrie considérable : c'est unsimple lieu de marché où se vendent les bois, les bestiaux, les denrées agricoles. Maisà Chàteau-Chinon, dans les vallons et sur les sommets environnants la nature garde encoreen quelques retraites son aspect de liberté sauvage. Les baigneurs qui vont utiliser leseaux thermales sulfureuses de Saint-llonoré reviennent tous ravis des paysages gracieuxet nobles que leur ont offerts les bois, les étangs, les sources et les rochers, et pourtantcette région du Morvan, déjà plus basse, aux traits plus adoucis, n’a pas la beauté des alen-tours de Chàteau-Chinon.
Grossie des torrents que lui envoie chaque vallon latéral, l’Yonne échappe à la régiondes hauteurs granitiques et reçoit dans sa vallée le canal du Nivernais, qui l’accom-pagne jusqu'au-dessous du confluent de la Cure. Avant de sortir du département de laNièvre pour entrer dans celui auquel elle a donné son nom, PYonne baigne la ville indus-trieuse de Clamecy , chef-lieu d'arrondissement, fort bien située à l’issue de deux valléessecondaires qui viennent se confondre avec la vallée principale : c’est le principal entre-pôt des marchands de bois parisiens ; des centaines d’ouvriers y travaillent à former lestrains de bois qui descendent vers Paris Un buste en bronze de Jean Bouvet, « l'inven-teur des flottages, » orne l'un des ponts. Clamecy est une des villes de France qui ont leplus souffert en 1851, lors du coup d'État ; elle perdit alors environ 1,500 habitants 1 .