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Livre II. La France.
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Bourges , chef-lieu du département, tut jadis la capitale de tout le Berry, et lors desorigines de notre histoire, sous le nom d'Avaricum, la cité principale du peuple des Bi-turiges, dont elle garde encore le nom : c’est là que se tint en 1225 le fameux concileà la suite duquel Louis Y11I partit pour la guerre des Albigeois. Trop grande pour sapopulation, cette ville se ramifie en faubourgs irréguliers le long des routes qui viennenty aboutir après avoir parcouru des plaines « d'une laideur amère 1 ». L’Auron, l’Yèvre,l'Yévrettc, le Langis, le Moulon, la Yoiselle, le canal du Berry, unissant leurs eaux pardes canaux tortueux, forment autour de la ville une zone de terrains à demi noyés quidevaient jadis être fort utiles à la défense, mais qui rendaient la cité fort insalubre : par-faitement assainis, ils sont occupés maintenant par des prairies, des jardins potagers etles cultures d’une colonie agricole de jeunes détenus. Au-dessus de la ville, visibles àline très-grande distance, s’élèvent les deux tours d’une cathédrale du treizième siècle,le monument de Bourges par excellence et l’un des plus beaux de la France entière :la façade, ses cinq larges nefs avec leurs forets de piliers, les vitraux, les deux portailslatéraux du nord et du midi, sont des merveilles que tout archéologue et tout artistedoivent étudier. L’hôtel de « l’argentier » Jacques Cœur , transformé en palais de justice,est un chef-d’œuvre d'une autre époque et possède les plus gracieuses sculptures de laRenaissance; trois tours de l'antique enceinte romaine sont enfermées dans cet édifice.L’hôtel Cujas, qui sert maintenant de caséine de gendarmerie, est un autre édifice dela Renaissance, de même que l’hôtel Lallemaut, remarquable par ses gracieuses sculp-tures. Cet édifice, changé en école de filles, est, d’après la tradition, le lieu où naquitLouis XL Bourges est aussi la patrie de Jacques Cœur , de Bourdaloue et du peintreBoucher.

La principale industrie de Bourges n’est point due à l’initiative privée. Les grandsétablissements qui s’étendent à l’est de la ville et y couvrent, avec leurs dépendances,plusieurs kilomètres carrés de surface, appartiennent au gouvernement ; ils comprennentun arsenal, une fonderie de canons, une école de pyrotechnie, des magasins d’approvi-sionnements, un polygone. Toute une nouvelle ville s’est élevée à côté de l’ancienne : lapopulation militaire forme plus d’un quart du nombre des habitants de la ville. A vingtkilomètres à l'est de Bourges, près du chemin de fer qui mène à N’evers et à Moulins ,le grand camp d’Avor occupe un vaste plateau. Précisément au même endroit, on a trouvéles vestiges d’une ancienne station militaire.

Au nord-ouest de Bourges , l'Yèvre, que longe le canal du Berry et le chemin de fer,passe devant la ville de Meliun, où se voient encore, près d’une grande manufacture deporcelaine, quelques restes du château qu’habitait Charles Yll et dans lequel il mourut.C’est la dernière ville que baigne la petite rivière, car elle va se perdre dans le Cher àl’endroit où elle atteint Yierzon, la ville manufacturière la plus importante du dépar-tement. Vierzon-Yillc, Vierzon -Yillage et quelques faubourgs qui les environnent pos-sèdent des usines diverses, fabriques de porcelaines, verrerie, manufactures d’étoffes,établissements métallurgiques, ateliers pour la construction de machines agricoles. Leschemins de fer qui viennent s’y croiser ont fait de Yierzon une des grandes étapes inter-médiaires sur la ligne de Paris à Limoges et sur celle de Nantes à Lyon 2 -

1 Stendhal , Mémoires d'un touriste.

- Communes les plus importantes du Cher en 1872 ;

Bourges . 51.500 hab,

Yierzon-Yille. . . 8,500 » 1 , nn

Yierzon-Village. . 5,700 hab.) ’•Saint-Amand-Mont-Rond. . . . 8,200 »

Mehun-sur Yèvrel)im-le-ltoi . . .Sancoins . . . ,Saucerre. . . ,

6,500 bah,5,100 »3,850 »3,650 »