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veloppe du côté de l’est eu un demi-cercle presque parfait, l’areliipel deBéniguel, les écueils avancés de la péninsule de Quiberon et cette pénin-sule elle-même sont les débris de l’ancienne côte bretonne ; des récifs et desseuils en indiquent les fondations sous-marines là où les roches émergéesont disparu. Quant au long croissant de Quiberon , il ne lient au continentque par un isthme de dunes et une chaussée artificielle : c’est une îlevéritable, sans aucune issue à marée haute, quand la route est barrée. Onse rappelle le désastreux débarquement des émigrés en 1795 : enfermésdans la péninsule, pressés par les troupes républicaines qui s’avançaient,il leur fallut se jeter dans les flots, soit pour mourir, soit pour nager avecla force du désespoir vers les canots de la Hotte anglaise.
A l’ouest de la presqu’île de Quiberon , d’autres terres détachées, l’île deGroix et l’archipel des Glénan, continuent l’ancienne côte. Les traditionsracontent même que les neuf îlots des Glénan étaient jadis une île considé-rable : leur destruction par les flots de la mer est une œuvre géologique àlaquelle les indigènes auraient assisté. Mais au sud de Quiberon , la grandeterre de Belle-Ile ou Guerveur appartient à un littoral plus ancien; demême que l’écueil de Bochebonne et l’îled’\eu, elle est un simple témoingéologique d’un premier rivage presque entièrement disparu.
Le promontoire de Penmarc’h ou de la « Tète de Cheval », pilier jus-qu’à présent indestructible de la côte dont l'archipel des Glénan faisait par-tie, forme l’angle méridional de cette côte de l’ouest qui est la vraie « lindes Terres », et où le vent et la houle s’élancent avec plus de fureur quesur tous les autres rivages de France . Là commence la baie d’Audierne,qui développe la courbe de sa grève avec autant de régularité que la plageméditerranéenne du sable le plus fin, mais dont les bords 11 e sont pas moinsdésolés que ceux du Spitzberg : pas un arbre sur les hauteurs voisines,nulle culture au vent de la mer : c’est la région de la mort. Puis le conti-nent s’amincit; ce n’est plus qu’une péninsule, même qu’une simple cornede rochers s’avançant au loin dans les eaux. Là le spectacle de la mer boule-versée par la tempête est vraiment formidable : quoique le sentier suive lacrête du promontoire à 80 mètres de hauteur, on y est cependant couvert del’embrun des vagues cl l’on sent distinctement le sol frémir sous scs pieds.Bans le cap même s’ouvre un abîme, l’Enfer de Plogoff, au fond duquelles lames s’entre-heurtent avec un bruit de tonnerre. Aon loin est la terriblebaie des Trépassés, où les matelots entendent souvent les plaintes des noyésmêlées aux voix stridentes de l’orage et au grincement des galets froisséscontre les rocs. Nos ancêtres y écoutaient aussi la parole d’un dieu redou-table. Neuf vierges druidesses, que Pomponius Mêla désigne sous le nom
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II.