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Livre II. La France.
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ILES CIIAL'SEY, JERSEY .

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mandé si cette eau ne provenait pas sous-marincment de la grande terrevoisine; toutefois il est très-possible qu’elle soit fournie par File même,car la moitié des eaux de pluie qui tombent sur cet étroit espace su ('li-rait déjà pour alimenter une fontaine de plus de 2 litres par seconde.

A l’ouest des Chausey, vers la haute mer, s’élèvent, au milieu des bri-sants, d’autres archipels d’écueils aux grèves souvent parsemées d’épaves :ce sont les formidables rochers décrits par Victor Hugo dans les Travail-leurs de la mer. Quelques îlots des Minquiers cl des Grelcls se dressentau-dessus du niveau des grandes marées, mais ils ne sont point habités ;on n’v voit que de misérables cabanes de dépôt et de refuge bâties par lespêcheurs de Granville et de Jersey : elles forment un petit hameau surla « maître île » des Minquiers, émergeant d’une douzaine de mètresà marée haute.

Jersey , c’est-à-dire l’île de Jers (Jers-ey), peut-être de César, — car leshistoriens y reconnaissent la Cæsarea de l’Ilinéraire d’Antonin, — est la plusgrande des terres de l’archipel Normand : à elle seule elle dépasse en éten-due l’ensemble des autres îles. Sa forme générale est celle d’un ^ ’ "a-

tère aux rivages disposés à angle droit suivant les points cardinaux et sedéveloppant de l’est à l’ouest sur une longueur presque double de la lar-geur : aux angles de l’île, des promontoires s’avancent en guise de bastions.Pendant l’œuvre incessante de destruction, ce sont les falaises du nord quiont présenté à l’Océan le plus fort obstacle : c’est là que File a la partie laplus liante et la plus compacte de son ossature de rochers. Prise dans sonentier, elle développe ses hauteurs le long de la côte septentrionale, puis lesrecourbe sur les deux côtes de l’est et de l’ouest comme les deux pointesd’un croissant; du nord, où l’altitude moyenne des falaises est d’une cen-taine de mètres, le sol s’abaisse graduellement vers le sud, où les roches dubord ont seulement 20 mètres de haut; presque toutes les eaux des ruisse-lets s’épanchent dans la direction du nord au sud, vers la baie de Saint-Aubin ; en en remontant le cours, sous de charmants ombrages, on setrouve tout à coup sur des crêtes d’où l’on voit la mer se briser sur desécueils.

Les érosions récentes de l’Océan ont laissé leurs traces les plus évidentessur les deux côtes du sud et de l’ouest. Au midi, les rochers et les grèves(pii servaient de fondements aux terres disparues s’étendent à marée bassejusqu’à 2 et 5 kilomètres de la rive ; au sud-ouest, les falaises de la Corbièresont déchiquetées en piliers et en pyramides superbes et percées de cavernesprofondes où la mer vient, aux heures du llux, s’engouffrer en mugissant;lors du rellux, une digue naturelle de récifs permet de s’avancer au loin