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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

montagnes : la région orientale, au contraire, se trouve en grande partie dans la zonedes terrains jurassiques ou crétacés et s'étend dans les plaines tertiaires; elle dépendaitjadis du Perche, tandis que le reste du territoire était normand . D'un côté, la popula-tion, que l'agriculture ne suffit pas à nourrir, demande à l'industrie textile, et même àlémigration périodique, un supplément de ressources, tandis que de l'autre côté, dans lar'jion calcaire des grandes prairies, les habitants sadonnent à l'élève des bestiaux et deschevaux de race percheronne et normande, non moins quà l'agriculture proprement dite.Même du nord au sud, le contraste est grand à cause de la différence des versants : leseaux de lune des pentes vont à la Manche par l'Orne , la Dives , la Touques, la liilie ;l'autre pente verse lexcédant de ses pluies dans la Loire par la Mayenne , la Saillie et1 Iluisnc. Le département de l'Orne est un peu moins peuplé en proportion que, le restede la France ; le nombre de ses habitants a notablement diminué dans les dernièresannées 1 .

Pomfront, le chef-lieu de larrondissement occidental de lOrne , nest quune simplebourgade, mais de lière apparence : au milieu des jardins et des bouquets darbres, elledresse encore quelques vieilles tours et des remparts revêtus de lierre au bord dunrocher de grès dominant de 70 mètres la vallée dun affluent de la Mayenne . La véri-table capitale de la contrée est la ville moderne de Fiers, située au nord de Domfront ,dans une vallée tributaire de lOrne et au point de croisement de deux grandes voies fer-rées. Fiers doit sa population et sa richesse à lindustrie des étoffes : la lilature, la tein-ture, le blanchiment du coton et du lin, la fabrication des coutils, du linge de table,occupent dans la ville et dans les environs des milliers douvriers. A louest, Tinchebraipossède aussi de nombreuses manufactures, tandis quau sud-est, dans une vallée de laforêt dAndainc, la Ferté-Macé rivalise avec Fiers par limportance de scs fabriques de toiles,de cotonnades, de rubans 2 . Au sud de la Ferlé, jaillissent, aux bords de la Yée, dans unvallon sauvage, les sources ferrugineuses et sulfureuses de Bagnolles. Les sites environ-nants rappellent les paysages des montagnes et des plateaux du Centre.

Do même que Domfront , Alençon , la capitale du département de lOrne , est située dansle bassin de la Loire, au confluent de la Sartlic et de la Briantc. Cest une ancienne villede. cour devenue cité bourgeoise : elle était la résidence de ducs, princes du sang. Alen­ çon est célèbre dans lhistoire des arts de luxe par la manufacture des « points de France »ou « points d'Alençon », introduite dans le pays, en 1075, par une ouvrière alençonnaiscrevenue de Venise ; mais, de nos jours, cette industrie sest en grande partie déplacée.Actuellement la principale importance commerciale dAlençon et des bourgs environ-nants leur vient de la vente des poulains et des juments. La pauvreté relative de laFrance en chevaux donne une valeur croissante aux superbes animaux qui se voient surles marchés dAlençon , du Mesle, de Sées.

Cette dernière ville,, située sur l'Orne naissante, est, quoique simple chef-lieu de canton,le siège dun évêché et sa cathédrale est une des plus belles églises ogivales de la Nor­ mandie : le chœur, qui date de la première moitié du treizième siècle, est un chef-dœuvre de légèreté.

Larrondissement oriental de lOrne occupe, comme ceux de Domfront et dAlençon ,les deux versants du faite de partage, et son chef-lieu, la petite ville de Morlagne, voitaussi scs eaux couler au sud vers la Loire . Morlagne avait jadis pour rival le bourg deBellême, qui lui disputait le titre de capitale du Perche et qui a du moins les avantages

l Superficie de lOrne . Population en 1872. Population kilométrique.

6,097 kilomètres carrés. 598,250 habitants. 65 habitants.

s Industrie des cotonnades dans lOrne en 1875 : broches 105,000 ; métiers 5,755.