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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Comme cours deau individuel gardant son nom, la Seine commence surle versant septentrional de la Côte dOr , dans un faillie plissement du pla-teau calcaire ; mais si les conditions du milieu géographique, et non lesplus grandes facilités du passage de lun à lautre versant de la France ,avaient déterminé la nomenclature des eaux, cest dans les hauts sillons desgranits et des porphyres du Morvan que lon aurait placé les sources dulleuve de Paris .

Le Morvan est le promontoire extrême du Plateau Central dans la directiondu nord. Les deux vallées de la Loire et de lAilier, avec leurs formationstertiaires ou modernes, et la dépression quutilise le canal du Centre pourfaire communiquer le hassin de la Loire avec celui du Rhône , isolent com-plètement à louest et au sud le massif du Morvan ; mais par ses roches pro-fondes il continue les hautes terres de lAuvergne et du Forez : ce fut jadis,au milieu des mers de lépoque jurassique, le bastion avancé des niassescontinentales qui se dressaient au sud. Quoique natteignant par aucunecime un kilomètre délévation au-dessus de la mer, ses hautes croupesse déchirent les nuages ont en plusieurs endroits laspect de véritablesAlpes ; les vallons, fertilisés par les débris que les eaux courantes ontapportés des roches supérieures, brillent de tout léclat de la plus riche ver-dure : de distance en distance, les chemins et les sentiers qui pénètrent dansle massif traversent des bassins jadis marécageux et transformés de nosjours en champs dune grande fécondité : ce sont les « miches», dont le solne se repose jamais. Autrefois dimmenses forêts recouvraient toutes lespentes élevées et méritaient le nom celtique de Morvan ou « Montagnenoire » à cette contrée quhabite encore une population au type celtique,portant lantique saga et parlant un patois très-français sans doute,mais peu compréhensible aux gens de la plaine 1 . Les bois de ces monts dela vieille Gaule sont toujours fort étendus, quoique lavidité du gain les aitsemés de bien des clairières. Les troncs et les rameaux, lancés à « bûchesperdues» dans le lit des torrents, prennent le chemin de Paris et sont reliésprès de Clamecy en trains de bois qui descendent de barrage en barragejusquà la grande ville.

Au nord et au nord-ouest, le massif du Morvan se termine par des rochesfort pittoresques portant des bourgs et des cités dune fière apparence, Yéze-lay, Avallon, Semur ; mais au delà, les collines, dépouillées de leurs arbres,développent au loin vers la plaine leurs rondeurs blanchâtres et pelées, toutesuniformes et sans caractère, ne prenant une certaine beauté quà la saison

1 Paul Bert, Bulletin de la Société d'anthropologie, 18GI, p. /09.