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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE. ■
courbes au pied de bailleurs escarpées qui se terminent toutes à leur facesupérieure par des plateaux unis, fragments de l’immense plaine qu’avaientdéposée les mers en se retirant peu à peu vers le nord.
II
Le contraste que présentent le Morvan et la Côte d’Or dans la forme etl’apparence de leurs sommets se retrouve dans le régime de leurs eaux. Lesgranits et les porphyres des roches morvandelles ne se laissent pas traverserpar les eaux de pluie : celles-ci doivent s’épancher en ruisseaux superficielset descendre en inondations rapides lors des grandes averses. Les formationscalcaires de la Côte d’Or laissent au contraire les eaux pénétrer dans leursfissures et les ruisseaux peuvent égaliser leur débit dans les cavités souter-raines avant de rejaillir en sources permanentes. Le contraste dans lesallures des cours d’eau est d’autant plus grand que le Morvan se distingue,parmi les divers massifs du nord de la France par la part tout excep-tionnelle de pluies que lui apportent les vents. La position isolée decelle borne granitique, au point de convergence des courants aériens quiremontent au sud-est la vallée de la Seine, à l’est celle de la Loire , au nordle long fossé de la Saône et du Rhône , en fait un triple déversoir des hau-teurs de l’air ; les nuages viennent de trois côtés de l’horizon s’v déchargerde leur fardeau de pluies et les averses y prennent souvent une violencepresque tropicale. Tandis que vers les sources de la Seine proprement ditela chute annuelle de pluie ne dépasse pas soixante centimètres, elle est.deux fois plus forte sur les hauteurs du Morvan. Cette abondance extrêmed’eau pluviale doit s’écouler presque en entier à la surface des roches jus-qu’au pied des montagnes où commencent les terrains fissurés, et où l’onvoit les eaux disparaître soudain comme dans les grottes d’Arcv-sur-Cure,pour reparaître ensuite comme par la « dionne » (divonne) de Tonnerre.
11 est donc facile de s’expliquer pourquoi les quatre affluents morvandiauxdu fleuve de Seine , 1 Tonne, la Cure, le Scrainct l’Armançon, sont fort iné-gaux dans leur portée, quelquefois trop pauvres à cause de la rapidité deleur écoulement, mais souvent trop riches en eaux soudaines s’écoulantsur les campagnes inférieures. Les ingénieurs ont procédé à une régula-risation partielle du régime de la Cure et de l’Tonne par la constructiond un barrage en aval de l’ancien marécage des Settons, transformé mainte-nant en un beau lac de plus de 400 hectares de superficie. Ce réservoir,qui est en même temps un vivier des plus riches, peut retenir, pendant les