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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
et même il a sur beaucoup d’autres terrains l’avantage d’être facile à tra-vailler et d’absorber aussitôt les eaux pluviales sans en être raviné. Si lepavs est toujours monotone d’aspect, il est désormais assez enrichi parl'agriculture pour (pie les habitants n’aient pas à envier leurs voisins 1 .
La Marne, qui porte maintenant au fleuve principal un volume moyen de75 mètres cubes à la seconde, était, comme la Seine , beaucoup plus abon-dante que de nos jours aux temps préhistoriques, et certaines parties de soncours témoignent des changements considérables qu’elle a laits jadis dansson bassin. Toutes les rivières qui descendent des hauteurs jurassiques versParis, et la Seine elle-même, ont déblayé une grande partie des rochescrayeuses qu’elles avaient à traverser. Il s’est même formé de cette manièreune large plaine d’érosion qui entoure le terrain crétacé de la Champagne et dans laquelle se trouvent les villes d’Auxerre, de Bar-sur-Seinc, de Bar-sur-Aube , de Yitry, de Bar-lc-I)uc, de Sainte-Menebould. Cette plaine est,suivant l’expression d’Élie de Beaumont , le fossé des fortifications exté-rieures de Paris , dont les coteaux de la Bric forment le mur principalen deçà des bailleurs champenoises. Dans ce grand travail géologique,l’Yonne, la Seine, l’Aube ont pris une forte part; mais l’œuvre de la Marne a été bien autrement considérable. La plaine de Yilry-le-I’rançois, où vien-nent se réunir toutes les rivières supérieures du bassin, est un des plusbeaux exemples du travail régulier de destruction et de reconstructionopéré par les eaux. Sur un espace de plus de 5U0 kilomètres carrés, lescourants d’eau ont complètement rasé, enlevé comme à l’emporte-pièce lesroches crétacées qui se continuaient jadis sans interruption du nord au sud,et les ont remplacées par des couches d’alluvions modernes apportées desmontagnes.
Chargée des troubles blanchâtres qu’elle a pris en traversant la zonedes roches crétacées, la paisible Marne se rapproche de Paris en dévelop-pant ses courbes en doubles et en triples méandres autour des pres-qu’îles de ses bords. Les poêles et les peintres ont fait connaître ces pay-sages aimables de la basse Marne , que les riverains jaloux divisent mal-heureusement en trop de parcelles. Les villas, les lieux de plaisir, leslongs faubourgs de Paris empiètent de plus en plus sur la gracieuse vallée,bien au-dessus du lit commun où les deux rivières, non encore complè-tement mélangées, coulent côte à côte sous les ponts de la grande ville.Un des affluents de la Marne est, comme la Vanne , distrait en partie de sonbassin naturel et conduit directement à Paris : c’est la rivière d’Oureq,