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utilisée déjà depuis plus d’un demi-siècle pour le service de la capitale. Lecanal commence par suivre toutes les courbes de la Manie en s’élevantpeu à peu au-dessus de la vallée, puis, trouvant une dépression latérale,il en profite pour gagner directement Paris . A la lois artère de trafic etcanal d’alimentation, l’Ourcq apporte en même temps des denrées, desmatériaux de toute espèce, et son eau, richesse plus précieuse encore.
La forme du dernier méandre de la Marne est d’une étonnante régula-rité : le cercle est presque parfait. Ainsi que l’ont démontré les coupesgéologiques données par M. Belgrand, cette « boucle » est d’origine récente :lors de ses hauts niveaux, la Marne se divisait en deux bras en aval deMeaux , et son lit de droite occupait précisément, au nord du plateau deLivry, le défilé dans lequel passe aujourd’hui le canal de l’Ourcq. Le bras degauche, large de 2 kilomètres aux endroits les plus resserrés, se 'de nouveau à la base du plateau d’Avron, et ses eaux allaient s’unir des deuxcotés au vaste lac qui recouvrait le bassin de Paris et où surgissaient quel-ques îles, Montmartre, Passy, Stains , Ormesson. Le méandre inférieur dela Marne n’existait pas : Marne, Seine , Lièvre ne formaient qu’un mêmegolle autour de l’ilot de Charenton . De même, les trois grandes sinuosités deSèvres, de Saint-Denis et de Lougival, que décrit la Seine en aval de Paris ,sont d’origine moderne : elles étaient seulement indiquées par les troispromontoires de Yanves, du Monl-Yalérien, de Saint-Germain. .Los méandresactuels se sont tracés, en vertu de la « réciprocité des anses », dans le largelit que se creusèrent jadis les eaux du lleuve : c’est ainsi que dans lesgalets d’un torrent on voit, à l’époque des basses eaux, un mince filetliquide serpenter d’une rive à l’autre.
En amont du méandre de Poissy, l’Oise vient s’unir à la Seine ; c’est unerivière beaucoup moins abondante que le lleuve principal, mais elle estmieux employée. Grâce à son origine dans le voisinage des bassins houillersde la Belgique , grâce à l’industrie des pays qu’elle traverse, elle a été appré-ciée à sa valeur comme chemin de navigation. De toutes les rivières deFrance elle est celle qui a été le plus complètement transformée en canalrégulier ou plutôt en « escalier hydraulique » par des barrages éclusés. Enoutre, elle a été prolongée artificiellement, dé même que l’Aisne , son prin-cipal affluent, par des canaux qui la font communiquer avec la Marne , laMeuse , l’Escaut, la Somme : l’influence du génie flamand s’est fait sentirdans la construction de tous ces canaux, dont l’un, celui de Saint-Quentin ,passe par des tunnels de plusieurs kilomètres de longueur.
Les vallées de la Seine et de l’Oise se rencontrent à angle droit; elleslimitent, l’une à l’ouest, l’autre au nord, un immense quart de cercle,
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II.