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NOUVELLK GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
la culluro, les mœurs des habitants se modifient. I.a partie la plus liantede la contrée, véritable laite de partage autour duquel l’Epte , l’Andelle,l’Arques, la Bresle , la Celle, le Tbérain rayonnent dans tous les sens,a même été dénudée jusqu’aux assises supérieures de la craie juras-sique : c’est le curieux pays de lïray, tout couvert de prairies et d’arbresfruitiers. La nature des terrains a permis aux herbes savoureuses de revêtirles collines jusqu’au sommet : de là l’industrie spéciale de la contrée,l’élève, l'engraissement des bestiaux et l’utilisation de leurs produits. Danscertains « herbages », à Cuy-Saint-Fiacre par exemple, le sol est tellementfavorable à la production de l’herbe que, malgré la rigueur du climatd’hiver, les bœufs y trouvent à paître toute l’année, abrités seulement pardes hangars contre les intempéries; d’après un dicton du pays, « si l’onjette un bâton sur le pré le soir, on ne le retrouve plus le matin 1 . »Les couches tertiaires et crétacées qui s’étendaient autrefois sur le paysayant partiellement disparu, il ne reste plus qu’une épaisseur de rochesbeaucoup moindre jusqu’aux formations plus anciennes du fond, et l’onespère que des sondages pourront atteindre dans ces profondeurs quelquegisement hou'iller. Pour les districts industriels de la Seine-Inférieure , nultrésor ne saurait avoir plus d’importance.
La masse crayeuse des plateaux de Gaux et du Yexin fait pour la contréel'office d’un immense crible. Les pluies s’y perdent en d’innombrables fis-sures; puis, arrêtées par la couche compacte d’argile brune ou par la rochejurassique située au-dessous, elles reparaissent dans les creux en sourceslimpides et d’une température à peu près constante de 10 à 12 degréscentigrades. Ces vallées, d’une fécondité rare, ont en plusieurs endroits unesurabondance d’humidité qu’il faut corriger par le drainage, tandis que leshabitants des plateaux n’ont pour s’approvisionner que l’eau des citernes etdes mares, eau presque toujours boueuse : suivant l'expression des habi-tants, on la « mange » plutôt qu’on ne la boit. Néanmoins les vapeurs quisaturent l’air des plateaux sont assez abondantes pour entretenir une bellevégétation sur ces hautes terres dépourvue* de sources. Les « herbages »plantés de pommiers, où se trouvent les bâtiments de fermes, sont bordésdes quatre côtés par des futaies de hêtres, parfois entremêlés de chênes etplantés en lignes sur des talus d’un mètre et demi à deux mètres d’éléva-tion ; ces bois domestiques, dont on voit les masses sombres se profilerçà et là sur les hauteurs, sont des « brise-vent » ou des abris contre levent de mer qui pourrait casser les branches des pommiers et les empê-
1 Alfred Ihimcsnil. Noies manuscrites.