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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
ainsi des falaises entre le cap d’Antifer et Fécamp et se changeant engalets La vague marine s’en sert pour continuer scs travaux de sape contreles rochers de ses hords et surtout pour combler les issues des vallées. Tousles ports de la côte, de Fécamp au Tréport, sont menacés également par lesgalets du courant riverain : afin de protéger efficacement l’entrée de cesports, il faut prolonger à une grande distance en mer les jetées occidentalessur lesquelles viennent se heurter les traînées de cailloux. Sans cette précau-tion, toutes les rivières seraient barrées à leur embouchure. Plusieurs petitscours d’eau, à la sortie desquels on n’a point construit de port, ont étéainsi fermés par des amas de galets se dressant en rempart continu d’unefalaise à l’autre ; pour empêcher que le flot de ces rivières ne se répandedans la vallée en marécages pestilentiels, il a fallu faire passer les eauxdans un tunnel en maçonnerie terminé par une écluse profonde qui seferme à marée haute et se rouvre à marée basse.
Le courant qui promène ses galets le long des rivages du pays de Caux nese porte de l’ouest à l’est qu’à partir du cap d’Antifer. Ce promontoire diviseen deux le grand courant de la Manche qui se meut vers la mer du Nord . Lamasse principale des eaux continue sa marche du côté de la haie de Somme ;mais un bras latéral, un courant de remous reilue au sud dans la direc-tion du Havre. Ce port, placé à l’extrémité de la péninsule de Caux, setrouve ainsi menacé de trois côtés à la fois par les apports. On sait combienles bancs qui se forment dans la haie de Seine sont redoutables : de 1854à 1855, en dix-neuf années, l’excès des dépôts sur les affouillements a étéévalué à plus de 1,500,000 mètres cubes, ce qui donne pour la surfacetotale de la haie un exhaussement moyen de 70 centimètres‘. Sur la riveméridionale, les dépôts de vases ont presque complètement obstrué lesabords de Ilonfleur, et c’est à grand’peine qu’on parvient à en maintenirle chenal au moyen de draguages et de chasses ; chaque marée n’apportepas moins de 27 millimètres de houe sur les bancs 1 2 3 . Sur la rive opposée,les alluvions ont successivement fermé les ports de Harfleur et de Petite-Eure, et forcé les marins à chercher un refuge pour leurs navires à lapointe même du continent. M. Jonglez de Ligne et d’autres ingénieursont même proposé d’établir le nouveau port des transatlantiques tout à faiten dehors de la baie au large de la côte de Sainte-Adresse 5 . Aux alluvionsfluviales et marines de la baie de Seine s’ajoutaient naguère les galetsqu’apporte le courant d’Antifer, tandis que le courant riverain, venu du
1 Renaud, cité par Delesse, Lithologie du fond des mers, p. 217.