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romaine, s’occupe surtout de la bonneterie ; au nord-est, Breteuil, près duquel se trou-vent des ruines que d’Anville croit être celles de l'antique Bratuspantium , a diversesmanufactures, principalement pour le tissage des étoiles; au sud-est, sur les coteauxvoisins de l’Oise, Liancourt a de grandes fabriques de chaussures ; enfin, dans la valléedu Thérain, sur le chemin de fer de Crcil à Beauvais , sont les deux bourgs très-rap-prochés de Bury et de llouy, où s’élèvent plusieurs usines pour la fabrication des boutonset des étoffes.
Beauvais, le chef-lieu de l’arrondissement occidental de l'Oise , est une de ces villes, sinombreuses en France , qui gardent encore le nom de la peuplade gallo-romaine de la con-trée, et qui n’ont cessé, pendant une longue série de siècles, d'avoir un grand rôle dansla guerre et dans la paix. La ville des anciens Bellovaques était au moyen âge une descommunes les plus riches du nord de la France , et, grâce à ses fabriques de draps, le cen-tre d'un commerce considérable. Une partie de ses trésors fut employée à la constructiond’une cathédrale dont les bourgeois voulaient faire le plus bel édifice de la chrétienté :au seizième siècle, en effet, une flèche, la plus haute qui se soit jamais dressée dans lesairs, s’élevait â 153 mètres au-dessus du pavé des transsepts; trop pesante pour sessupports, elle s’écroula en 1575. Les seules parties du monument terminées sont le chœuret les transsepts, mais ce sont des chefs-d’œuvre d'élégance et de majesté ; les voûtes duchœur n’ont pas moins de 47 mètres d’élévation. Beauvais a d'autres édifices curieux,plusieurs églises, le palais de justice, ancien palais épiscopal construit en partie sur lesfondations gallo-romaines d’édifices antérieurs, l'hôtel de ville, oii l'on conserve la ban-nière enlevée par Jeanne Hachette au soldat de Charles le Téméraire qui avait escaladéle rempart. De fort belles promenades remplacent l’enceinte du moyen âge.
Beauvais n’a point perdu son rang de ville industrielle; le Thérain, qui s’y ramifie enplusieurs bras, fait tourner les roues de très-nombreuses usines. L'État lui-même possèdeà Beauvais depuis plus de deux siècles une manufacture de lapis, où l'on s’occupe, commeaux Gobelins, de fournir les plus beaux produits, d’après les meilleurs procédés, mais àgrand prix pour le trésor. Les fabriques particulières livrent une grande quantité detapis, de couvertures, de velours, de draps, d'objets de passementerie, d'étoffes diver-ses. Beauvais est aussi le centre d'un grand commerce de poteries et de briques réfrac-taires ; de nombreuses découvertes d'antiquités faites dans les environs, notamment à laChapelle-aux-Pots, ont prouvé que l’industrie locale n'a pas changé depuis l'époque gallo-romaine. La tabletterie de Beauvais rivalise avec celle des bourgs de Nouilles et de Méru ,situés au sud, sur la route de Pontoise ; enfin, il faut ajouter à la production manufactu-rière de Beauvais celle de toute la vallée inférieure du Thérain, offrant en maints en-droits l'aspect d'une interminable rue d'usines. Le somptueux château de Moueliy, quis’élève à l'ouest, sur la pente d’un coteau boisé, domine de loin le plus considérable de.cesgroupes de fabriques 1 .