Band 
Livre II. La France.
Seite
753
JPEG-Download
 

LES AN DELYS, EL B F. U F.

755

La -vallée de l'Anilelle, cjui s'unit aux campagnes de la Seine en face de Pont-de-l’Arche,est très-industrielle, grâce au voisinage de Louviers, d’Elbeuf et de Rouen . Elle a aussides châteaux somptueux, des bois, des sources limpides, des ruines pittoresques ; on yremarque surtout les grandes filatures de laine et de coton. Dans les champs riverains del'Andelle, les paysans cultivent le chardon â foulon pour les fabriques de draps d’Elbcuf etde Louviers

Le département de la Seine-Inférieur. 1 esl formé dans sa plus grande étendue par lepays de Eaux, le plateau crayeux que découpent en fragments parallèles les eaux tributairesde la Manche . Au sud-est, le gracieux pays de Rrav constitue une région naturelle distincte,tandis que sur la rive gauche de la Seine s'étendent quelques districts du pays du Roumois,en partie couverts de forets. La Seine-Inférieure est l’un des premiers départements fran-çais â la fois par son agriculture, son industrie, son commerce ; les champs, les prai-ries, les vergers occupent la surface presque entière des terrains, exploités surtout pardes fermiers, et les produits du pays contribuent pour une forte part â l'alimentation deParis et de Londres . Le département possède à lui seul plus du tiers des filatures de cotonde la France, et Rouen est l’un des grands centres européens pour cette industrie textile,tandis qu’Elbeuf est une ville de premier ordre pour la mise en œuvre des laines ; la Seine-Inférieure a le port de la France qui vient immédiatement après Marseille pour le mou-vement des échanges ; enfin, les marins du littoral prennent part, en grand nombre, auxexpéditions de pêche. La population de la contrée est beaucoup plus dense que dans lesautres départements : elle est près de deux fois plus élevée que la moyenne spécifique.Toutefois elle ne s’est point accrue pendant les dix dernières années 2 .

Elbeuf est la première ville du département qu’on rencontre en descendant le coursde la Seine : c’est un vaste groupe d’usines, où vivent près de 40,000 personnes, en comp-tant les habitants des faubourgs, Caudebec-lès-Elbeuf, Saint-Picrre-lès-Elbeuf, Saint-Aubin-Jouxte-Roulleng. Les principales fabriques d’Elbeuf sont des manufactures de drapsoù la matière première entre â l’état brut et d’où elle sort â l’état d’étoffe apprêtée et« marchande ». Elbeuf reçoit en moyenne, chaque année, des laines de toute provenancepour une valeur de 50 millions de francs et les réexpédie sous forme de draps avec uneplus-value, du double. Outre ses grandes filatures, Klbeuf possède des teintureries, des fa-briques de machines, des ateliers de construction. Elle n’a point de monuments remar-quables, â l’exception de deux églises, où des vitraux du quinzième et du seizième-siècle représentent des scènes de l’industrie locale. Les environs de la cité sont fortpittoresques, grâce aux superbes falaises des bords de la Seine et aux grandes forêtsde la Londc et du Rouvray, qui occupent, entre Klbeuf et Rouen , l'intérieur d’un méan-dre presque circulaire du fleuve. Quoique l'un des principaux centres industriels de laFrance, Elbeuf n’est pas même chef-lieu d'arrondissement 5 .

1 Communes les plus importantes de l’Eure en 1872 :

Evroux.

hab.

Louviers .

. . . . 11,550

)>

Yernon.

. . . . 8,000

)»

fl

l’ont-Audemer . .

. . . . 6,100

fl

Les AmlelysYerneuil. .Gisors . . .Brionnc. .Gaillon . .

5,400 bab5,900 »5,850 »5,550 »5,550 n

2 Superficie du sol. Population en 187-2. Population kilométrique.

0,055 kilomètres carrés. 790,000 habitants. 151 habitants.

5 Filatures de laine dans la Seine-Inférieure en 1872 : 67,000 broches ; 7,150 métiers à bras.

U.

95