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Livre II. La France.
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fort raides, mais deux vallées i[ui s’ouvrent dans l'épaisseur du plateau permettent auxroutes de monter par des rampes faciles vers les hauteurs, et aux faubourgs de se dévelop-per au loin le long des ruisseaux. En outre, les méandres de la Seine , ijui se replient avectant de régularité en aval de la cité, lui donnaient au moyen âge un grand avantage stra-tégique, en la protégeant par une série de remparts et de fossés contre tout envahissementvenant de la mer.

Rouen, la septième ville de France par le nombre de ses habitants, est l'une des pre-mières par la beauté île ses monuments : l’art ogival normand et français y sont repré-sentés par des merveilles. La cathédrale dresse bien au-dessus des maisons de sa petiteplace une façade riche en sculptures; mais elle est remarquable surtout par ses deuxportails latéraux, ses vitraux et ses rosaces, les tombeaux placés dans les collatéraux etles chapelles : Rollon, Guillaume Longue-Épée, Richard Cœur de Lion et d'autres Nor-mands célèbres ligurenl dans ce musée historique ; l'œuvre statuaire la plus belle est lemausolée ue Louis de Brézé, dont on attribue les sculptures à Jean Goujon et à Jean Cou-sin ; le tombeau des cardinaux d'Amboisc, œuvre de Rouland Leroux, « maître maçon »de la cathédrale, est aussi un monument précieux. La croisée des Iranssepts est dominéepar une flèche en fonte récemment terminée, la plus haute pointe d’édifice qui existedans le monde, puisqu'elle s'élève à 150 mètres au-dessus du pavé. L’église Saint-Ouen,non moins vaste que la cathédrale, a sur elle l’avantage de former un tout complet :quand on entre dans l'édifice par le grand portail de l’ouest, récemment reconstruit enentier, on reste saisi de surprise à la vue de cet ensemble dont l’ordonnance est d’uneextrême simplicité, et oh tant de puissance se mêle à tant de grâce. A l’extérieur, lemonument ajoute à sa beauté propre celle que lui donnent les ombrages du jardin quil’entoure et dont les parterres recouvrent une vaste nécropole et les débris d’un templeromain : là est le centre de la ville actuelle. L’église de Saint-Maelou, située dans le voi-sinage, est aussi un des monuments les plus précieux de la France , grâce aux sculpturesde ses portes que l’on attribue à Jean Goujon et qui sont, en tout cas, une œuvre admi-rable de la Renaissance.

Le palais de justice, construit à la fin du quinzième siècle pour « l’Échiquier » de Nor-mandie , est le type d’architecture le plus achevé de cette période de l’art ogival, éclairéedéjà par un rayon de la Renaissance; il renferme de fort belles salles, dont l’une, sem-blable aux halls des grands palais anglais , n’a pas moins de 55 mètres de longueur sur17 mètres de largeur. La tour de la Grosse-Horloge, qui fut le beffroi de l’ancien hôtelde ville, la tour dite de « Jeanne-Dare », qui faisait partie du château bâti par Philippe-Auguste et où la guerrière eut à subir ses interrogatoires, l’hotel Bourgtherouldc, dontla cour d'entrée est décorée de bas-reliefs représentant l’entrevue de François I er et deHenri VIII , enliii plusieurs maisons anciennes aux poutres sculptées, contribuent à faire deRouen un grand musée architectural. L’hôtel de ville, attenant à l’église Saint-Ouen, con-tient le riche musée de peintures et la bibliothèque, l’une des plus précieuses de la pro-vince par ses éditions anciennes, ses ouvrages de géographie, ses documents sur la Ré-forme, la Renaissance et la Révolution : l’ancien fonds, qui sc composait de 40,0(10volumes et de 1,500 manuerits, s’est presque triplé, grâce aux collections diverses quilui ont été léguées. Rouen , où les sociétés savantes et les grandes écoles sont nombreuses,possède aussi diverses collections fort remarquables, notamment un musée d’antiquitéscréé par il. Deville, et un muséum d’histoire naturelle que dirigea longtemps M. Bouchet,célèbre par ses travaux sur l’hétérogénie. Un sait que le grand Corneille était de Rouen ;parmi les enfants de la ville normande , il faut citer aussi Fontenelle, Boisguillebcrt,Boïeldieu, Géricault et Cavelicr de la Salle, qui découvrit les bouches du Mississippi.Aucune statue n’honore la mémoire du grand voyageur mort obscurément sur les plages