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les produits s’expédiaient de Ilar/leur, qui tut pendant des siècles l’unique port de labasse Seine . De nos jours Montivilliers est un lieu de villégiature pour les Navrais; il pos-sède une très-belle minoterie. Le long de la côte, ’ _ issue de valleuse contient aussisoit un bourg, soit un village, trop étroit pendant l’été pour les nombreux étrangers quivisitent cette plage. Au delà du cap d'Antifer et de ses falaises creusées et fouillées à labase est le célèbre Etrctat, « découvert » par le paysagiste Isaliey, puis vient Yporl, petithavre de pèche dont on a fait aussi un lieu de bains et de repos. Plus loin est la ville deFéeainp, qui s’étend sur trois kilomètres de longueur, dans une étroite vallée dont leseaux courantes font mouvoir les roues de (Natures, puis se versent dans les bassins duport. Fécamp appartenait autrefois à une très-puissante abbaye : de l’ancien édifice il resteencore une église et diverses constructions utilisées comme édifices municipaux ; c’est làque se trouvent la bibliothèque et les collections. Le port de Fécamp , protégé contre lesgalets du littoral par la longue jetée du sud, est accessible, même au plus bas de lamarée, à des navires tirant quatre mètres. C’est le premier de la France pour la pèche enhaute mer ; il possède plus de 100 navires qui vont prendre la morue sur le banc de Terre-Neuve, le hareng et le maquereau dans les eaux de la Manche 1 . Grâce au chemin de ferqui l’unit à Paris, Fécamp est aussi devenu un intermédiaire d'échanges avec l’étranger;enfin ses bains de mer sont très-fréquentés.
A l’est de Fécamp se succèdent d'autres lieux de bains : Yeulettcs, Saint-Yalery-en-Caux, qui est en meme temps un petit port de pèche, Veules, Pourville, puis Dieppe ,l'une des grandes villes du département, le port le plus commerçant après le Havre etRouen. Dieppe est l’une des « cités saintes » de la géographie, car vers la fin du moyenâge, quand elle se gouvernait elle-même en cité presque républicaine, ses marins, noncontents de trafiquer avec les pays déjà connus, voguaient à la découverte des côtes nou-velles. Comme les Portugais, ils longèrent le littoral de l’Afrique à la recherche d’un pas-sage vers les Indes ; en 1565, ils fondèrent même un Petit-Dieppe sur les côtes de Guinée ;au commencement du seizième siècle, ils trafiquaient avec le Ilrésil 2 . La ville, enrichiepar le commerce, devint très-puissante ; un de ses armateurs, le fameux Ango, avait touteune flotte qui pouvait se mesurer avec celles des rois. Dans la belle église ogivale deSaint-Jacques se voient des sculptures et des tableaux qui rappellent les anciennes rela-tions de Dieppe avec le Nouveau-Monde. Les dissensions civiles, la guerre étrangère etl’envasement du port, qui ne méritait plus son nom normand de « Diep » ou « Profond »,réduisirent la cité à l'ombre d’elle-même ; elle ne s’occupait plus guère que de la pêcheà la fin du premier Empire ; mais elle a repris une grande prospérité, grâce surtout auchemin de fer qui l’unit à Paris. Dieppe est le port maritime le plus rapproché de lacapitale - aussi les pêcheurs dieppois sont-ils ceux qui lui portent le plus de poisson demer. Dieppe a de plus l’avantage d’être l’une des principales voies de communicationentre Paris et Londres ; des bateaux à vapeur voguent incessamment de Dieppe à New-haven, l’un des ports de Londres sur la côte méridionale de l’Angleterre 3 . L’Etat a établià Dieppe une grande manufacture de tabacs ; en outre, la ville a une industrie libre assez
1 Tonnage du port de Fécamp , 11,000 tonnes.
Mouvement du port en 1872 : 860 navires d’un port de 95,000 tonnes. Produit moyen de lapèche, plus de 5,000,000 fr.s D’Avezac, Annales des voyages, juillet 1809.
3 Mouvement commercial de Dieppe en 1809 : 5,127 navires jaugeant 658,775 tonnes.Valeur des importations. » *> 558,500,000 francs.!
» exportations. » " 74,000,000 » )
Nombre des voyageurs transpnrtés de Dieppe à Newhaven en 1809 : 40,720.
Total 455,100,000 francs.