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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
au nord, emplissait toutes les vallées dans lesquelles coulent de nos jours laMoselle , la Moselotte et leurs hauts affluents, et se terminait en aval de Re-miremonl, près d’Éloyes; une digue gigantesque en hémicycle, d’une hau-teur de GO mètres, et partiellement déblayée par les eaux de la Moselle , estle reste de la moraine poussée autrefois vers la plaine par le front du gla-cier. Cette moraine est à une quarantaine de kilomètres de l’origine des val-lées. L’ancien glacier de la Moselle avait donc une étendue bien supérieureà celle du glacier d’Aletseh, actuellement le plus vaste de l’Europe . Les ob-servations de M. Hogard lui ont même permis d’affirmer qu’à une certaineépoque le grand glacier de la Moselle s’épanchait par un col latéral dansla vallée de la Meuse , toute parsemée, jusqu’à une grande distance, de blocsd’origine vosgienne qui faisaient partie d’anciens dépôts glaciaires. En avalde Saint-Mihiel s’alignent plusieurs rochers calcaires qui font saillie sur leversant de la colline et dont l’un porte le nom de « table du Diable » à camede la large pierre qui le surmonte; des géologues ont cru voir distincte-ment sur ces roches des traces d’usure provenant de l’action des glaces 1 ;mais il n’y a pas encore certitude à cet égard.
D’autres courants de glace qui descendaient au sud et à l’est, notam-ment ceux de la Savoureuse et de la Thur, ont aussi laissé des traces fortcurieuses de leur passage : moraines, roches striées et polies, blocs erra-tiques, amas de débris glaciaires. Près de Giromagny, au nord de Belfort ,d’énormes pierres éparses donnent l’idée d’un combat de Titans, bien mieuxijue les fragments de rocs parsemés sur les pentes de l’Olympe et de l’Ossa.A l’ouest, vers Luxeuil, le sommet des collines qui rejoignent les Vosges auxEaucillcs a été tout usé par les glaces, et ses vasques sont maintenant em-plies de mares, dont l’une s’écoule à la fois dans la Moselle et dans laSaône . Une multitude de petits lacs, les uns assombris par le refletnoir des sapins, les autres gracieusement entourés de gazons, ou bienenvahis à demi par les tourbes, occupent aussi les hautes vallées dela Moselle et de ses affluents : ils témoignent pour la plupart de l’actiondes anciens glaciers; des moraines les limitent en aval et forcent l’eau à se• précipiter en cascades ou à glisser en rapides par-dessus leurs blocs entas-sés. Un des anciens glaciers tributaires de celui de la Moselle offre l’exem-ple le plus intéressant de ces cuves lacustres ayant succédé à des fleuvesde glace. Près du col de la Schlucht, très-fréquenté par les promeneurs,le petit lac de Retournemer emplit une « coupe » de forme circulaire ;au-dessous, un lac plus considérable, Longemer, s’étend au fond d’une
1 Dollfus-Ausset, Matériaux pour servir à l'étude des glaciers, tome II.