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nient point, à émigrer. Quoiqu’ils sachent s'accommoder plus facilement qued’autres aux mœurs étrangères et même, ainsi que le prouvent les « trap-peurs » canadiens, supporter gaiement toutes les misères de la vie du sau-vage, néanmoins ceux qui, poussés par l'amour des aventures ou par le désird’améliorer leur sort, s’éloignent de la patrie, ne forment pas même la deux-millième partie de la population 1 . Aux Etats-Unis , le pays cosmopolite parexcellence, les Français ne se trouvent nulle pari en groupes compactes qu'àNew-York, en Louisiane, en Californie , et leur nombre total, très-minimeen comparaison de celui des Irlandais, des Anglais, des Allemands , est mêmeinférieur de près de moitié à celui des Scandinaves 2 * 4 . Dans l’Amériqueespagnole, au Mexique, au Pérou, au Chili , à la Plata, ils forment des colo-nies relativement plus importantes, tandis qu’en Australie ils sont très-clair-semés au milieu de la population d’origine anglaise 5 . En Algérie , cepays qui pourtant est si rapproché de Marseille , et qui offre tant de ressourcesaux colons intelligents, les Français ne dépassent que d’un petit nombreles immigrants des autres nations*. Mais s’ils émigrent peu au delà desmers, et même s’établissent rarement à demeure dans les contrées voisinesde la frontière, par contre, la France reçoit chaque année une proportionplus considérable d’étrangers, attirés par l’industrie, le commerce ou lesagréments de la vie 5 . Les Belges, les Italiens, les Allemands, les Suisses sont ceux qui forment le gros de cette immigration, dans laquelle on necompte pas les colonies de passage, anglaise , russe, américaine, qui s’éta-blissent à Paris et dans les villes de plaisance.
En France , comme dans les autres contrées industrielles, la populationne cesse de se déplacer des campagnes vers les cités : le mouvement d’émi-gration à l’intérieur est devenu le phénomène normal; les provinces ducentre, de tout temps moins peuplées, se dépeuplent encore au profit desplaines de leur pourtour où s’élèvent les grandes villes. Y ers 1850, les Fran-çais vivant dans les communes moindres de '2,000 individus formaient lestrois quarts de la nation 6 : de nos jours, ils n’en sont pas même les deux
1 Émigration des Français en 1874 . . . 4255; de i86 j à 1874.. . . 52,500
2 Français domiciliés aux États-Unis en 1870. 110,040
Suédois et Norvégiens )> ».. • 211,580
5 Français domiciliés en Australie en 1875. 2,400
4 Nombre des colons français en Algérie , lors du recensement de 1872. . . 129,600
» » étrangers » » .... 115,500
s Étrangers domiciliés en France en 1851. 579,500
» » » 1861. 499,100
» )> » 1806 . .. 655,500
>, » » 1872. 740,650
6 Maurice Block , Annuaire de l’économie politique pour 1876, p. 4.