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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

employée que dans de rares établissements 1 . En 1820, il n’v avait que05 machines à vapeur dans toute la France ’. Comme acquisition de forcematérielle, ces engins représentent au moins la valeur de 25 millions d’ou-vriers, ajoutés aux 10 millions qui travaillent déjà dans les usines et auxforces motrices que la nature fournit gratuitement, l’air et l’eau. Il existe enFrance près de .40,000 barrages plus ou moins corrects, dont les chutesmettent en mouvement plus de 80,000 moulins de toute espèce, et ce nom-bre pourrait être doublé. Enfin on a commencé en divers endroits à utilisercomme moteur la force de la marée. Dans l’eau qui s’élève et s’abaisse surleurs rivages, les ports de mer ont à leur disposition une puissance motricepour laquelle tous les travaux humains ne seront qu’un jeu quand la sciencel’aura disciplinée.

Tandis que presque toutes les régions de la France ont une certaine im-portance agricole pour une ou plusieurs denrées, un grand nombre de dépar-tements sont encore sans industrie notable; les artisans ne s’y occupentque de subvenir aux besoins immédiats de la population, et les usines, fortelair-semées, ne se montrent que dans le voisinage des villes. Mais la grandeindustrie gagne de proche en proche, et depuis vingt ans déjà il n’est plusun seul département où la machine à vapeur n’ait pénétré. Après Paris , lesdeux points de départ de cette invasion pacifique sont le Midi et les Flandres,le pays de la soie et celui des toiles : d’un côté, les contrées du Midi, oùl’influence de Rome, puis celle de l’Italie se fit le plus sentir et où les con-quêtes du passé se conservèrent le mieux pendant la nuit du moyen âge; del’autre côté, les villes du Nord , qui furent les premières à grouper leurscorps de métiers et à constituer leurs communes. Ces deux régions opposées,dont Lyon et Lille sont les deux foyers, sont encore, avec le bassin de la Seine ,les grandes contrées industrielles de la France , et les mines de houille qu’ony exploite leur assurent pour des générations le maintien de leur préémi-nence. Dans tous les districts où l’on a découvert de grands gisements decombustible ont surgi des usines pour les utiliser. Ailleurs, le minerai defer, des argiles, des terres à faïence ou à porcelaine ont fait naître d’au-tres fabriques. Au bord de la mer, les facilités du commerce ont attiré plu-sieurs industries qui demandent à l’étranger leurs matières premières ou luivendent leurs produits. Enfin, les longs hivers et le sol avare des pays demontagnes ont obligé les habitants à se créer des ressources en dehors del’agriculture et de l’élève des bestiaux, et c’est ainsi que dans le Yelay, en

1 Machines à vapeur, y compris celles des bateaux et les locomotives :

Année 1869. 52,827 machines 871,176 18,294,705

s E. Levasseur, la France avec ses colonies.