MONTS D'UNTERWALDEN ET D’URI, LE RIGHI.
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vers la plaine. C’est la grande région des pâturages, celle où, sur les dé-bris du calcaire, croît l’herbe la plus savoureuse. C’est aussi la région desHeurs; les champs de narcisses qui revêtent au printemps les pentes desmontagnes de Montreux sont distinctement visibles à plus de 20 kilomè-tres de distance, et le regard inexpérimenté du voyageur y voit des neigesoubliées par le soleil. Le vent qui passe au-dessus de ces fleurs en apporteau loin le parfum, à peine moins pénétrant que celui des forêts d’orangerssur les côtes de la Sicile .
Revenant toujours vers le Saint-Gothard , comme vers le centre natureldes Alpes suisses , on peut voir un massif complètement distinct dans legroupe où s’alimente le glacier du Rhône , et qui s’élève au nord-est de l’Ober-land, sur le prolongement du même axe.*Ce massif, dont la cime principale,entourée de glaciers, est le Dammastock, se continue vers le nord en prenantl’apparence d’une chaîne. C’est là que se dressent les plus glorieux som-mets, entre autres le fameux Titlis , aux vastes pâturages, et rUri-Rothstock,au plateau terminal incliné doucement, mais de toutes parts ceint de préci-pices. Dans leur ensemble, ces montagnes d’Untenvalden et d’L’ri, quid’ailleurs sont composées de roches différentes, granit, jura, craie, cou-ches éocènes, entremêlent leurs ramifications en un grand désordre : laforme si étrange, si brusquement contournée du lac des Quatre-Cantons , cor-respond au bizarre enchevêtrement des monts qui l’entourent. Au nord dela petite mer intérieure s’élèvent d’autres sommets qui paraissent avoirfait partie du même système montagneux, et dont le principal est le Righi,le belvédère le plus célèbre et le plus fréquenté de la Terre . Grâce à soncomplet isolement, aux lacs et aux plaines qui en limitent la base, à l’hé-micycle de cimes neigeuses qui l’entoure à l’est et au sud, le Righi esten effet un admirable observatoire naturel, et c’est par dizaines de milleque les voyageurs s’y rendent chaque année pour contempler au soleillevant l’amphithéâtre des grands massifs et des chaînes secondaires. Toutun réseau de chemins de fer, d’une construction spéciale, a été tracé surles escarpements et permet, même aux invalides, de jouir des plus beauxpoints de vue ; en été, le sommet de cette montagne est plus animé quebien des villes et les fils télégraphiques tendus de ses hôtels aux citésd’en bas entretiennent une communication incessante entre les voyageurset les gens de la plaine 1 . Le Righi est la première cime de l’Europe , non
1876 : 15 bureaux télégraphiques sur le Righi.