NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
•iC
par l'étroite fissure de roches ouverte entre la dent du Midi et la dent deMordes . Immédiatement au sortir de la porte de Saint-Maurice commence laplaine d’alluvions : c’est là que s’étendaient autrefois les eaux du lac : unbassin d’environ 88 kilomètres carrés de superficie et d’une profondeurinconnue a été graduellement rempli par les débris que charrie le Rhône; çàet là, des restes de moraines échouées jadis au milieu des eaux élèvent leurstalus au-dessus des campagnes. Le village de Port-Yalais, que l’on croit, sansautres indices que son nom, avoir été autrefois situé sur la rive, se trouvemaintenant à '2 kilomètres du point de la côte le plus rapproché : c’est dansl’espace de treize siècles que le Rhône aurait porté, grain de sable à grainde sable, tout le sol des campagnes intermédiaires. On dit aussi que dansl’espace d’une génération les bouches du Rhône ont assez avancé pouripie les habitants de Villeneuve aient cessé d’apercevoir le Rouveret, qui setrouve en face, sur la rive méridionale : une péninsule grandissante oùcroissent des peupliers et des saules s’csl formée entre les deux villages. Lesalluvions les plus lourdes, arrêtées par l’eau relativement immobile dulac, se déposent immédiatement sur le bord en plages et en bancs desable, tandis que les matériaux plus ténus sont emportés au loin et con-tribuent à l’exhaussement du lit. Les sondages ont prouvé que le milieudu fond présente un léger renflement dans la partie orientale du lac, surle prolongement des bouches fluviales ; il faut voir probablement danscette inégalité de la cuvette l’effet des troubles tamisés par les couchesd’eau supérieures : ce serait la continuation du cône des alluvions duRhône 1 .
Tout réduit qu’il est de ses dimensions premières 2 , le Léman est encorele lac le plus vaste de l’Europe occidentale : c’est aussi l’un des plus pro-fonds, la partie la plus creuse de son lit atteignant presque le niveau de lamer ; s’il cessait tout à coup de recevoir des affluents et qu’il pût continuerde s’épancher dans l’Océan par un courant de la portée du Rhône , il n’em-ploierait pas moins de dix années à se vider. Comme la mer, il a ses redou-tables tempêtes, ses vagues formidables, ses courants de houle, mais onn’y a point encore observé le moindre changement de niveau qui rappelâtle phénomène des marées. C’est à la surface du Léman qu’on a le mieuxobservé, et qu’on a fini par découvrir les lois des « seiches », ces gonfle-
1 F. Forel , Carte hydrographique du lac Léman.
2 Altitude moyenne.
Superficie moyenne du lac de Genève . .Profondeur extrême.
» moyenne.
Contenance approximative ...
571 mètres.
578 kil. carrés.
554 mètres.
150 »
80,700.000,000 mètres cubes.