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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE .

tempérée. Au printemps, les troupeaux de vaches quittent les étahles oùs’est passé le long hiver, et sous la conduite de la vache matrone, quimarche avec fierté, couronnée de Heurs et secouant sa clochette de rallie-ment, la caravane monte vers les « alpages ». Elle s’arrête d’ahord sur lespâturages inférieurs, en attendant que les pentes élevées se débarrassent dela neige qui les couvrait, puis elle gagne les hautes Alpes , où croît cetteherbe exquise et de bonne senteur qui se transforme en un lait délicieux.Chaque pelouse est utilisée ; là où ne peuvent pas monter les vaches,montent les brebis et les chèvres; là où les moutons ne peuvent gravirtout seuls, le montagnard les porte sur son dos. 11 est des pâturages qui,de toutes parts, sont entourés de neiges et de glaces; un simple écart pré-cipite les animaux dans l’alnme. Aussi, dès l’approche de l’hiver, faut-ils’enfuir de ces hauteurs périlleuses et redescendre vers les étables des plaines.

Bien au-dessous de l’altitude où se voient encore des mousses et d’autresplantes, les espèces animales ont disparu des montagnes de la Suisse . Dansla région des neiges persistantes, c’est-à-dire à plus de "2,800 mètres, nese hasardent qu’une trentaine d’espèces, insectes ou arachnides; de 5,000à 5,500 mètres, il ne reste plus que des araignées. On a rencontré aussiun campagnol (urvicola nivalis) à près de 4,000 mètres; mais on ne saitpoint encore si ce petit animal, qui se creuse des galeries sous la neige,habite ces hauteurs d’une manière permanente, ou s’il y fait seulementdes visites pendant l’été 1 . De même que les quadrupèdes et tous les autresanimaux, les poissons des lacs alpins diminuent aussi avec la températuredes monts. Au-dessus de 2,100 mètres, on en trouve bien peu dans les pe-tits lacs longtemps glacés. >

Pendant la période historique, beaucoup de plantes ont disparu devantla culture, surtout des espèces de landes, de lacs et de marais ; de mêmeplusieurs bêtes des forêts et des montagnes ont été exterminées par leschasseurs. Le bison, le castor, encore nombreux au moyen âge, ont cesséd’exister. On ne voit plus de daims en Suisse depuis un siècle, ni de cerfsdepuis soixante ans; le chevreuil et le sanglier ont peut-être égalementcessé de faire partie de la faune helvétique ; sans doute aussi la tortue,quoiqu’on prétende l’avoir encore vue récemment. Il y a quelques bou-quetins et des chats sauvages, mais en fort petit nombre. Les loups sontmoins rares et font toujours des ravages dans les troupeaux; le dernierours de l’Appenzell a été tué en 1675; ceux des Grisons, des Alpes duTessin et du Valais ne peuvent manquer de disparaître bientôt ; Berne

1 Tschudi, Le monde des Alpes ; Martins, Du Spilzberg au Sahara.