Band 
Livre III. L'Europe Centrale.
Seite
82
JPEG-Download
 

82

.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

(Filerons ou d’Érin; dans le canton de Fribourg , il s’avance jusqu’aux pre-miers contre-forts des Alpes, à l’est de la Sarine; dans le Jura bernois , on leparle jusqu’aux bords du lac de Bienne , excepté dans une étroite lisière deterrain qui s’étend au nord de Cbavannes, à la base des escarpements du Jura .La proportion des Suisses de langue française s’est légèrement accrue pendantle siècle, relativement aux Suisses de langue allemande 1 . En outre, la fron-tière des idiomes s’est quelque peu déplacée au profit du français. Fribourg ,qui avait été construite sur terre romande par un comte de Ziibringen et quiétait devenue ville de langue allemande , est maintenant par le dialecte deses habitants beaucoup plus latine que germanique. Toute la haute ville estfrançaise; dans les bas quartiers seulement on entend résonner [dus souventla langue de l’ancienne Freiburg . On constate que dans les familles dont lesenfants connaissent les deux langues d’une manière également parfaite, lefrançais prédomine bientôt, sans doute parce qu’il est l’idiome le plus clair,celui dans lequel il est le plus facile d’exprimer sa pensée. Il faut tenir aussicompte de ce fait, que les patois français de la Suisse se parlent seulementdans les villages, et que la langue littéraire, plus ou moins pure, est cellede toutes les villes, tandis que dans les cantons allemands la plupart des pa-tois ont une littérature et sont encore employés dans les villes à côté du hautallemand : le français a donc sur eux l’avantage que donne une plus grandeforce de cohésion. Telles sont les raisons probables des empiétements gra-duels du français réagissant contre l’influence de la centralisation bernoise .

Quoi que certains auteurs aient prétendu, les différences de race et delangue n’ont eu dans la confédération qu’un rôle très-secondaire dans larépartition géographique des cultes; ce sont les influences féodales, les riva-lités des villes, leurs intérêts divergents et les guerres de canton à cantonqui ont fait, lors de la Réforme, la part respective des deux religions enlutte. Ainsi les cantons français de Yaud et de Neuchâtel sont presque exclu-sivement protestants ; Genève est partagée à peu près également entre lesdeux confessions; Fribourg et le Valais sont peuplés de catholiques. C’estune ville de la Suisse française, Genève , qui mérita longtemps le nom de« Rome protestante » , et c’est une autre ville de même langue, Fribourg ,qui fut longtemps le refuge des jésuites : avec Lucerne , elle est encore undes chefs-lieux du catholicisme suisse . Par un contraste analogue, les can-tons allemands de Berne, de Bàle, de Zurich et d’autres encore sont pro-

1 Familles suisses de langue allemande en 1870. 584,558 09,1G ji. 100. En 1860 : 69,50 p. 100.

» » française . 155,575 25,98 » 25,57 i>

» » italienne. 50,079 5,69 i> 5,05 »

» do dialectes l'ounianches . . 8,779 1,17 » 1,69 »