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Livre III. L'Europe Centrale.
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LACS DES ALPES AUTRICHIENNES.

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L’absence de grands lacs dans les Alpes du Tirol et de la Carinthie est untémoignage des changements considérables qui se sont accomplis sous l’ac-tion des météores dans la forme des montagnes. Les vastes réservoirs lacus-tres qui occupaient les espaces compris entre les divers massifs ont été com-blés par les éboulis ou les alluvions et vidés par les rivières qui les traver-sent. A l’exception des lacs de Constance et de Garde, qui touchent par unede leurs extrémités, l’un le Vorarlberg, l’autre le Tirol italien, les Alpes allemandes ne renferment pas dans leurs vallées une seule nappe d’eauayant 40 kilomètres carrés de superficie; mais un grand nombre de petitslacs sont épars dans ces montagnes, les uns isolés, comme TAchensee, leZellersec, et dans le sud, le Caldenazzo, d’où sort la Brenta , les autres asso-ciés en groupes, comme ceux du Salzkammergut et de la Carinthie . Lelac de Zell (Zellersee) se distingue surtout par sa position sur un seuil ma-récageux dont les eaux s’écoulent dans le Salzach , mais qu’un chaînon decollines peu élevé sépare seulement au nord de la Saalach : Là se trouve doncune brèche par laquelle les Alpes de Salzbourg sont complètement isolées.

La région lacustre du Salzkammergut contient dans un espace de 1,650 ki-lomètres carrés 55 lacs de différente grandeur, tous situés dans le bassin dela Traun, afiluent direct du Danube ; mais ce n’est pas le plus vaste, appeléAttersce ou Kammersee, qui donne son nom à la rivière. Ils sont pour laplupart dans les gorges des montagnes calcaires; mais le Mondsee , l’At-tersee, le Traunsee , s’avançent aussi par leur extrémité septentrionale dansle terrain tertiaire de la molasse : les lits qu’ils occupent maintenantétaient jadis emplis par des glaces débordant au loin dans la plaine. Ali-mentés partiellement par les 'eaux pures qui jaillissent en sources desantres de montagnes et recevant des torrents qui se sont purifiés en desréservoirs supérieurs, la plupart de ces lacs ne diminuent que fort lente-ment en étendue et en profondeur : celui de Hallstatt , où se jette laTraun , encore chargée de débris, est un de ceux qui diminuent le plus rapi-dement’; de 1781 à 1850, le delta du torrent a.gagné 75 mètres, bienqu’à une petite distance au large la sonde ne trouve plus le fond qu’à100 mètres. En général, ces lacs ont, comme la plupart des lacs de mon-tagnes, une grande profondeur relative; il en est même un, le lac de To-plitz, où la distance de la surface au fond est plus du tiers de la distancede rive à rive, ce qui est une proportion presque sans exemple 1 ; maissauf dans les lacs de Gmunden et de St-Wolfgang , où s’élèvent des sailliesde rochers sous-lacustres, les fonds sont régulièrement unis : sur des kilo-

1 Friedrich Smiony, Die Seen des Salzkammergutes.

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