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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE

méridionale. Pendant le cours du septième et du huitième siècle, ils s’étaientavancés jusqu’à l’Inn et aux sources de la Brave. Eu certains endroits, ilsavaient même franchi les Alpes pour descendre dans le Frioul et le Tiroiitalien. Toute l’Autriche proprement dite, au sud du Danube , était le do-maine des Slaves. On leur donnait en général le nom de Vendes, nom quel’on réserve maintenant aux Slaves du nord et spécialement à ceux de laLusace , mais ils appartenaient à la famille des Slovènes ou Corutanes, appel-lation qui a Uni par s’appliquer au pays de Karntheu ou Carinthie . Repous-sés graduellement à l’est par les Allemands bavarois, les Slovènes laissèrentçà et là nombre de leurs colonies, qui se maintinrent encore pendant plu-sieurs siècles, ainsi que le constatent les documents du moyen âge. Une foulede villages et de vallons, dont le nom est précédé de l’adjectif icindisch,étaient habités de Slaves, et de vastes territoires des Alpes et des environsde Vienne sont désignés dans les vieux actes comme pays des Esclavons. Peuà peu le mélange s’est opéré entre les deux races : les Vendes et les Baïo-vares se sont unis en une même nation; mais on aurait tort de croire quel’élément germanique ait complètement absorbé l’élément slave. Par lestraits du visage, par les traditions et les mœurs, par le caractère surtout,les Allemands autrichiens rappellent encore leur double parenté. ToutGermains qu’ils sont, ils diffèrent beaucoup de leurs frères de l’Allemagne occidentale.

De nos jours, la frontière des deux races commence à l’angle nord-orientalde l’Italie , à la petite ville de Pontebba (Pontafel), où se parlent à la fois lestrois langues, l’italien, l’allemand , le slovène. A l’est de cette borne de sépa-ration, la limite, fort sinueuse et compliquée d’un grand nombre d’enclaves,se développe dans la direction de l’est, en empruntant çà et là la crête desmontagnes qui séparent les diverses vallées. Le mont Tergiou est déjà situéen entier dans le domaine de langue slave, mais à une faible distance dela frontière commune. Il en est de même du mont Luschari, qui porte ausommet une chapelle «miraculeuse », où parfois accourent jusqu’à cent millepèlerins appartenant aux trois races et fort curieux à étudier en un mêmegroupe à cause de leurs contrastes. A l’est de Pontebba, la limite court d’a-bord entre le bassin de la Gail et celui de la Brave; puis, à l’est de Ivlagen-furt (Tseliovetz), qui est une ville presque entièrement allemande, elle varejoindre, en Styrie , la ligne départagé située entre la vallée de la Brave etcelle delà Mur , et servant de limite administrative commune aux cercles deGraz et de Marburg . Ce dernier est presque exclusivement habité par desSlaves. Tous les îlots de langue allemande qui s’y trouvaient se réduisentgraduellement en étendue ou finissent par se fondre tout à fait. Ainsi, par