INDUSTRIES DES TIROLIENS.
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grand nombre chaque année, et les diverses voies ferrées qui traversent lepays du nord au sud et de l’est à l’ouest, multiplient incessamment les re-lations de commerce et d’idées entre les montagnards des Alpes autri-chiennes et les populations plus policées des plaines du Danube et du litto-ral de l’Adriatique . Aon moins que l’arrivée des étrangers dans leur pays,l'émigration périodique des Tiroliens et des autres montagnards autrichienscontribue à changer leurs anciennes habitudes et leur manière de penser.Près d’un dixième de la population mâle et adulte du Tirol s’exile tempo-rairement du pays natal, soit pour exercer divers petits commerces, soitpour chanter des « tirolicnnes » en s’accompagnant de la cithare. Les émi-grants du Vorarlberg vendent des étoffes, ceux des montagnes de Stubayfont le commerce du fer, les gens de la vallée de Passey, tributaire de lahaute Adige , vendent le bétail; ceux de la Lungau, bassin de la haute Mur,exercent les métiers de « rebouteurs » et de vétérinaires 1 . Au dernier siècle,celle industrie de la médecine itinérante appartenait surtout aux Tiroliensdu Zillerthal : à eux la spécialité des huiles, des drogues, des essences.Pendant la première moitié du dix-huitième siècle, environ 400 charlatans,sortis de cette vallée lirolicnne, vendaient dans toutes les parties de l’Eu-rope de l’huile de crapaud, surtout de l’huile de scorpion, et le fameuxcontre-poison connu sous le nom de « milhridate », qu’ils composaient aumoyen de soixante-dix drogues diverses. Mais l’industrie médicale des gensdu Zillerthal a presque complètement cessé; de nos jours, ils font pour laplupart leur petit « tour du monde » comme chanteurs ou comme mar-chands de tapis ou de gants. Dans certains villages, qui ont une spécialitéde trafic assez lucrative, il ne reste en hiver que des femmes, des enfants etdes vieillards. Les grands hôtels, les riches villas qui s’élèvent dans les vil-lages de mainte vallée sauvage, et qui appartiennent à des natifs enrichis,témoignent de l’importance économique du mouvement d’émigration.
Saul dans le riche Tirol italien, qui ne le cède guère à la féconde Lom-bardie par l’abondance et la variété de ses produits, et dans le fond desvallées de lTnn, de la Drave et de leurs affluents, l’exploitation du sol doitse borner à une agriculture primitive et au soin des pâturages. Mais lesindigènes savent en maints endroits accroître leurs petits revenus par lafabrication de divers objets qu’ils expédient sur les marchés lointains. C’estainsi que les hommes de la vallée « ladine » de Cardena ou Grôden , au norddu massif de la Marmolata , travaillent sans exception à sculpter des bons-hommes, des poupées de bois, des joujoux, des ornements de toute espèce,
5 M. Wallmann, Mittheilungen des (Esterreichischen Alpen-Yereins, 1804.
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