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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

travaux d’art les plus curieux à visiter. Depuis 1854, année pendantlaquelle les premières locomotives gravirent les escarpements du Semme-ring, l’audace de l'homme s’est grandement accrue, et l’on a pu songer àposer les rails entre les plus hauts massifs neigeux des Alpes autrichiennes,dans la dépression du Brenner, ouverte comme une porte entre l’Allemagne et l’Italie. Le chemin de fer du Brenner , plus élevé de 550 mètres que celuidu Scmmering et pourtant beaucoup plus simple de construction, a l’avan-tage de ne pas avoir à franchir successivement plusieurs chaînes divergentescomme la voie ferrée de Vienne à Trieste ; il s’élève uniformément sur leversant septentrional pour redescendre vers l’Italie en suivant le cours del’Eisack et de l’Adige par la « cluse » (kla-use ou chiusa) de Brixen . La voiedu Brenner est une des grandes artères commerciales de l'Europe . On pour-rait la comparer à un détroit de communication entre deux océans ’ aunord, les chemins de fer de l’Allemagne, au sud ceux de l’Italie luiapportent de toutes parts un flot de voyageurs et des amas de marchandisesgrossissant chaque année. Mais tôt ou tard, en Autriche même, d’autresvoies ferrées, non encore construites, prendront une part de cet énormetralîc. Tel est le chemin que l’on a tracé de la vallée de la Brave au golfeAdriatique par Ponlebba. La nouvelle ligne de rails détournera une partieconsidérable du mouvement des voyageurs et des marchandises qui seportait de Vienne à Trieste : aussi la grande cité de l’Adriatique a-t-elleréussi jusqu’à maintenant à retarder la construction de cette voie; l’Au-triche ne s’est décidée à faire sa part de la besogne que longtemps aprèsavoir vu l’Italie se mettre à l’œuvre. En effet, le passage de Pontcbba,abrégeant de 157 kilomètres, c’est-à-dire de plusieurs heures, la distancede Vienne à Borne, permettra désormais au trafic direct entre l’Autriche centrale et l’Italie d’éviter le circuit oriental par Trieste ; mais, les intérêtsparticuliers d’une ville ne doivent pas arrêter plus longtemps le dévelop-pement industriel et commercial des deux grands pays limitrophes.

Ainsi, dans un prochain avenir, les Alpes autrichiennes seront traverséesdu nord au sud sur trois points de leur parcours; mais, grâce à la disposi-tion des chaînes alpines en rangées parallèles ou divergentes dans la directionde l’ouest à l’est, on a pu s’occuper aussi de construire des chemins de fer,même sans longs tunnels et sans grands travaux d’art, dans les dépressionslongitudinales qui s’ouvrent d’une extrémité à l’autre du système oriental desAlpes. Les deux routes du Semmering et du Brenner sont reliées l’une àl’autre par un chemin de fer qui parpourt la haute vallée de la Brave et lePusterthal, entre les Tauern et les Alpes dolomitiques. Au nord delà chaînedes Tauern une autre voie ferrée réunit également les deux grands chemins