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Livre III. L'Europe Centrale.
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CARSO ET SES FORÊTS.

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s’étend un bois de plusieurs kilomètres carrés que l’on appelle « le Paradisdu Carso ». En beaucoup d’autres endroits, les bruyères, les lenlisques, leslérébinthes, les genévriers, les cistes s’entremêlent en fourrés presque im-pénétrables, et recouvrent de verdure et de fleurs le chaos de pierres oùserpentent les racines. Chose remarquable, la llore du Carso, quoiquepauvre en individus, est d’une extrême richesse par le nombre des espèces;tandis que sur le littoral même les représentants d'une seule espèce occu-pent en maîtres de vastes étendues, il n’est pas rare de rencontrer sur leplateau du Carso cinquante ou soixante plantes diverses, ne se trouvant qu’àun ou deux exemplaires sur un espace de dix mètres carrés : telle est laconséquence de l’entrecroisement des climats et par conséquent des floresde l’Allemagne, de l’Italie, de la Croatie 1 .

Pendant le courant du siècle, presque toutes les forêts ont été ravagées,brûlées par les pasteurs, et la dent des chèvres 11e leur a pas permis derenaître; en beaucoup d’endroits, le Carso se montre maintenant dans soneffroyable nudité, et l’on se demande si le travail nécessaire du reboise-ment sera possible. Plusieurs tentatives faites dans ces dernières annéessont restées infructueuses, les unes à cause du manque absolu de terrevégétale, que le vent avait emportée, les autres, en beaucoup plus grandnombre, à cause de l’incurie des villageois auxquels l’œuvre de restaurationavait été confiée; mais ailleurs des plantations, faites par le botaniste MuzioTommasini et d’autres hommes persévérants, ont parfaitement réussi. Surune des parties les plus rocailleuses du Carso de Trieste , près de Bassovizza,village occupant l’arête même au-dessous de laquelle est la grande citémaritime, on voit des forêts de jeunes pins en pleine prospérité, non moinsbelles, toutes proportions gardées, que les vieilles chênaies de hipizza,situées près de là, dans le domaine du haras impérial. D’ailleurs, pourreboiser le Carso, il suffirait d’y supprimer la vaine pâture : bien protégécontre les brebis et les chèvres, un espace quelconque du plateau, même leplus pierreux, finit par se recouvrir de broussailles, de genévriers et d’autresarbustes, puis, à la longue, le chêne lui-même finit par apparaître : il areconquis son domaine 2 .

Ainsi la conquête du Carso par la sylviculture est possible, puisqu’ellea déjà réussi sur quelques points isolés; des pins, des frênes, des acacias,des chênes-lièges ont été déjà plantés et ont réussi par millions sur la terrepierreuse"; même des hommes d’initiative ont tenté çà et là avec succès de

1 Marcheselti, Prospello deila Flora Triesüna.

- Maichosetti, Noies viamisciites.

z Lcop. Mayersbach, Die BodenhnUur auf dem liante.