Band 
Livre III. L'Europe Centrale.
Seite
278
JPEG-Download
 

278

NOUVELLE G É 0 G R A1» II1E UNIVERSELLE.

s’étaient convertis au protestantisme à l'époque de la Réforme, ont dû, lorsde la conlre-réformation, rentrer dans l'Eglise romaine , (pie n’avaient pointabandonnée les Slaves illyriens. Mais les Croates sont divisés : les plus rap-prochés des Alpes et de la mer sont catholiques, tandis que la plupart desSlavoniens, desSirmiens, des Serbes sont restés grecs-orthodoxes et gar-dent l’ancien alphabet cyrillique, duquel l’alphabet russe est dérivé. Cepen-dant les dissensions religieuses diminuent avec l’ardeur de la foi, et lesdifférences de dialecte s’effacent dans la société policée des villes. Les lit-tératures, encore distinctes, se rapprochent de plus en plus en rejetantles formes étrangères et en s’enrichissant des mots et des tournuresqu’elles trouvent dans le fonds commun. Les Croates ont adopté le serbe comme langue nationale, car leur propre idiome n’en diffère que par desprovincialismes sans importance, et c’est aussi sous l’influence prépondé-rante de la littérature serbe que les Slovènes, dont les livres avaient étébrûlés par les Jésuites au commencement du dix-septième siècle, renaissentà la vie de l’esprit. Dans la Slavonie proprement dite, les habitants, quoiqueles seuls à porter ce nom de Slavons, qui est celui de la race entière,repoussent cette désignation dont on a fait dans toutes les langues occiden-tales le synonyme d’esclave, et préfèrent prendre le litre de Serbes, quiest celui d’un peuple libre. En 1800, le parlement de Zagreb décida memeque la nation s’appellerait désormais officiellement serbo-croate .

De tous les Yougo-Slaves de l’Austro-IIongrie les plus purs de race soûlprobablement les Slavons et les Croates des campagnes. Ils sont grands, forts,d’une belle prestance et portent fièrement la tète; ils sont aussi bienveil-lants et honnêtes, mais leur courage naturel les a souvent entraînés danstoutes les férocités de la guerre ; le nom de « pandours », qui était celui d’unde leurs corps armés, a souvent répandu l’effroi, même jusqu’en Occident :la langue française en a conservé la trace. Les Slovènes sont de race plusmélangée que les Croates. Vivant dans les vallées qui sont les lieux de pas-sage nécessaires entre les plaines du Danube et la mer Adriatique , ils n’ont

cessé d'être remués comme l’eau d’un détroit et se sont mêlés au résidu de

toutes les bandes de guerre et de commerce qui les ont visités. Par leursmœurs, ils s’assimilent de plus en plus aux Allemands .

En dehors de la Russie , la Slavie austro-hongroise est la région du con-tinent où les paysans ont le mieux gardé les pratiques de la culture encommun, générale dans une grande partie de l’Europe au moyen âge.Malgré, le droit romain qui favorise la propriété privée au détriment del’exploitation commune, presque tous les paysans slaves de la Croatie etdes pays limitrophes continuent de cultiver leurs terres par groupes asso-