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Livre III. L'Europe Centrale.
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CONFINS MILITAIRES , MINES DE LA YOUGO-SLAVIE.

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Carniole qui s’élèvent entre la Save et l’isonzo : le mercure s’y rencontresous deux formes, le métal natif, suintant des schistes en fines gouttelettes,eL le cinabre, imprégnant les roches diverses, ardoises et dolomies, ou for-mant des espèces de ^ ' es dont la matière contient de 15 à 70 pour cent

de vif-argent. Pendant longtemps les mineurs d’Idria possédèrent avecceux d’Almaden, en Espagne , le monopole de la vente du mercure, etmaintenant encore, par leur production annuelle d’environ 520 tonnes,ils exercent une inlluence considérable sur le marché des métaux pré-cieux : on a évalué à 25 millions de kilogrammes de mercure la con-tenance du gîte principal qui reste encore à exploiter. Le travail dans lesmines de vif-argent est des plus dangereux pour la santé : au siècle der-nier, on n’y employait que des condamnés voués à une mort rapide, car ilsne sortaient point des profondeurs du sol tant qu’ils avaient un reste deforce 1 . C’est dans le district d’Idria , parmi les mineurs et les bûcherons, quel’on rencontre, en plus grand nombre les mangeurs d’arsenic. Ils semblentse trouver bien de cette habitude et peuvent atteindre un Age avancé; lesdoses de dix grammes qu’ils prennent tous les quinze jours ou même deuxet trois fois par semaine seraient plus que suffisantes pour faire périr lespersonnes non habituées au poison.

Outre les mines d’Idria , la Aougo-Slavie autrichienne possède quelquesgisements de fer importants dans la Carniole , surtout dans la vallée de Feis-tritz et sur le versant oriental des plateaux croates, des mines de zinc et deplomb dans la liante vallée de la Save , du soufre à Radoboj, près de Kra-pina, non loin des frontières de la Styric, des veines de cuivre à Samobor,près de Zagreb , des couches de lignite et des carrières : c’est là tout. 11 estvrai que les montagnes encore mal explorées des frontières de la Bosnie peu-vent receler bien des trésors : dans plusieurs gouffres du Carso on a déjàdécouvert des amas de détritus riches en métal. L’industrie manufacturièreest également très-peu avancée en proportion de celle du reste de l’Autriche ,et les derniers chemins de fer du réseau de l’Europe centrale ont leur gared’arrêt à Sisek, au confluent de la Save et de la Ivupa ou Kulpa. Du coté del’Orient, la contrée, encore dépourvue de toute ligne ferrée, ne peut avoirqu’un trafic local; la seule voie du commerce européen est fournie danscette direction par le cours sinueux de la Save. Du côté du sud, le mouve-ment des échanges est presque nul. Aucun voyageur, si ce n’est de tempsen temps quelque géologue hardi, ne cherche à se rendre directement deCroatie aux bords de l’Archipel; mais il n’est pas douteux que dans un

1 Turnbull, Austria , 1" vol.