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lac est le fogaa, espèce de perche extrêmement estimée en Hongrie et enAllemagne : il ne se trouverait, dit-on, que dans la « mer hongroise ».
Le lac de A'eusiedl (en magyar Ferto), situé comme le Balaton dans laHongrie occidentale, occupe une partie de l’avant-plaine magyare compriseentre les monts de la Leitha et ceux de llakony. Sans les collines qui l’abri-tent du côté de l’ouest, il eût disparu depuis bien des siècles sous les allu-mions, car la dépression qu’il remplit est à une quinzaine de mètres au-des-sous du niveau que présente le Danube sous le même méridien. Toutefois,s’il existe, le lac de Ncusiedl n’a qu’une existence intermittente : il se rem-plit et se dessèche alternativement pendant le cours des siècles. D’après unvieux manuscrit, qui d’ailleurs ne fournit point de preuves, il se serait forméen 1500 et, pour son début, aurait noyé six villages hongrois . En 1095, en1758, en 1805, le bassin lacustre était vide : l’évaporation avait fait dispa-raître ses eaux, dont la profondeur moyenne avait été de 5 mètres; il nerestait plus cà et là (pie de petits bas-fonds marécageux et des couches delimon tremblant. Mais, après quelques années d’assèchement, l’eau a toujoursfini par reconquérir son domaine. C’est de 1809 à 1870 que s’est produitela dernière invasion des flots causée par le reflux du Danube , de la Baab, dela Leitha, non moins que par le suintement souterrain. En effet, le lacde Neusiedl se continue vers l’est par les marais et les prairies basses dela Ilansâg, dont les eaux paresseuses s’égouttent dans le Danube par uncanal ayant à peine 4 mètres de pente. Lorsque les crues du grand fleuveet de ses affluents, la Raab et la Leitha , sont exceptionnellement hautes,elles refluent en arrière mers les marécages de la Ilansâg et le bassinde Xeusiedl, qu’elles inondent complètement. Que le Danube se main-tienne au contraire assez bas pendant une série d’années, et le réservoirdes eaux d’inondation se dessèche peu à peu. Suivant les années, il atantôt 400 kilomètres carrés de superficie, tantôt seulement la moitié, lequart, le dixième ou moins encore. Au moyen d'une digue à écluses con-struite en a mal de la Ilansâg, on pourrait facilement conquérir à l’agricul-ture l’ensemble du bassin, mais il est douteux qu’il en vaille la peine,puisque le fond du lac contient une assez grande quantité de soude, quidonne actuellement à l’eau un goût saumâtre fort désagréable. En outre, ona remarqué, lors de la récente évaporation du lac, que les terres riverainesdeviennent rapidement infertiles quand l’humidité fournie par la nappelacustre vient à leur manquer et qu’elle est remplacée par le zick (szik enhongrois ), c’est-à-dire par une poussière où les fins cristaux de sulfate desoude, de sel marin et de magnésie se mêlent au sable ténu des plages. Les■vignobles desenmùrons, qui produisent d’ordinaire un excellent vin, ont eu