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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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d’or, de 4 à 5 mii lions chaque année 1 . Il est vrai que cette somme, extraite dusable des ruisseaux ou des porphyres de la montagne, représente une quan-tité de labeur qui dans tout pays de grande industrie vaudrait bien davan-tage. Les grandes usines appartenant à l’Etat travaillent à perte, et lesmilliers d’orpailleurs accroupis au bord des ruisseaux aurifères gagnentbeaucoup moins qu’ils ne le feraient dans toute autre industrie; mais tellessont la force de l’habitude et l’attrait exercé par le brillant de l’or, queMagyars, Saxons et Roumains continuent d’exploiter les gisements de mé-tal pour le plus maigre profil. Yerespatak (Ruisseau Rouge), qui est le siègeprincipal de l’exploitation, présente le spectacle le plus curieux. Des milliersde petites usines bordent le ruisseau dont elles boivent jusqu’à la dernièregoutte pour le service de leurs roues et de leurs bocards; plus liant, laville, interminable et sinueuse rue de huttes sordides et de vieilles maisonscroulantes, escalade la vallée de ravin en ravin; puis, au-dessus, s’arronditla grande montagne des mines, revêtue de déblais et perforée dans tous lessens : en cheminant dans l’intérieur des galeries, on peut gagner le som-met du rocher ou bien descendre sur l’autre versant du mont, au milieu despâturages qui s’étendent vers la Detunata. La partie de la montagne qu’ontexploitée à ciel ouvert les Romains de Trajan est la plus curieuse, à causede son aspect architectural. On lui donne le nom valaque de Citale (Csetatye)ou Cité, et l’on croirait voir, en effet, une ville morte avec ses hautes tours,ses arcades en plein cintre, ses rues et ses places silencieuses. Une des ca-vités, la fameuse Katrincza, que les mineurs ont ouverte dans une montagnevoisine, a la forme d’une coupole irrégulière, d’une élévation de 126 mè-tres sur une largeur moyenne de 58 mètres, et l’on dit que chaque quintalde minerai retiré de ce trou de mine rapportait environ 1000 francs. C’està Yerespatak, dans le mont Lelty, qu’ont été trouvées les fameuses tabulasceratae de l’époque romaine, conservées maintenant au musée de Pest. Cestables, lues par M. Zangemeisler, sont relatives aux ouvriers mineurs, àleurs collèges funéraires et à leurs cautions de crédit ou avances faites surle prix des journées 2 .

La Hongrie proprement dite possède aussi ses Monts « Métallifères ; cesont les massifs de Selmeczbdnya (Schenmitz) cl de Kdrmdczbânya (Krem-nitz), d’où l’on retire également des métaux « nobles », surtout l’argent;mais l’exploitation des mines d’argent se trouve presque en entier dans lesmains de l’État, et, comme il arrive souvent dans ces entreprises, le traite-ment des employés et les frais de gestion ne sont pas même couverts par la

1 Production de l'or en Hongrie-Transylvanie en 1871 : i,uÜ0,UU0 fr

4 Ernest Desjardins , Noies manuscrites.